23.1.20

Défaitisme ou petits pas



Ce matin à Beyrouth on ressent bien sûr de la déception et de l’amertume. Le nouveau gouvernement n’est pas celui que la rue demande, il ne s’est pas affranchi du communautarisme, il est toujours sous l’emprise des partis traditionnels et des caïds qui dominent le parlement.

Mais dans ce sombre tableau il faut noter quelques petites améliorations dans la rue devrait être fière même si ce n’est que le début d’un long chemin pour réformer le Liban. Ces tous petits pas en avant n’auraient jamais eu lieu sans la force des manifestants et la peur qu’ils ont inspiré au pouvoir.

La première avancée est le fait que nous soyons débarrassés de cette malédiction de gouvernements de fausse union  nationale qui permettaient à chaque parti  au pouvoir de se laver les mains au moindre échec en le rejetant sur leurs opposants.

La deuxième et la présence de six femmes sur vingt ministres avec des portefeuilles importants comme la justice ou la  défense. Certes, on reste loin de la parité, mais comme je l’ai souvent dit, le salut viendra peut-être des femmes au Liban. Tout d’abord les hommes ont clairement échoué depuis 1943.  Mais aussi et surtout, dans un système confessionnel paralysé par la peur d’autrui, les femmes ont l’avantage et la force d’inspirer moins de crainte et plus de confiance quelque soit leur origine religieuse.

Enfin, l’absence de tiers de blocage et la présence de nombreux profils spécialisés sont aussi une victoire contre l’immobilisme patent dont souffre le pays depuis plusieurs décennies.

Là s’arrêtent les menues victoires. L’emprise des partis est claire sur un nombre de ministres. Les arrangements stupides et les faveurs restent de mise. Le spectre maléfique du chef du parlement, la peur de voir l’électricité confiée à un parti qui a échoué (ou volé l’argent) pendant des années, les écueils sont nombreux...

Alors sans complaisance ou faux espoirs, voyons juste les choses un tout petit peu plus positivement qu’à notre habitude. Arrêtons de crier au loup et tout rejeter en bloc. Surveillons cette nouvelle équipe et demandons lui des comptes. Redescendons dans la rue à chaque fois qu’elle faiblit. Continuons à dénoncer la corruption désormais démasquée par la thawra. Et organisons nous pour exiger des élections anticipées.

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