10.5.17

Bonne Chance M. le Président

Cher Monsieur le Président,

En ces jours commence pour vous une aventure historique. 

Il va vous falloir d'abord, au delà de votre rapide et judicieuse attaque sur la moralisation de la politique, relancer un pays en stagnation et mettre en place le plus rapidement possible tout ce qui contribuera à créer des emplois. Le chômage est le plus grand des fléaux qui gangrènent la France, il a enrayé notre capacité d'intégration et créé des ghettos. Votre réussite sera de l'éradiquer. Et pour cela ne faiblissez pas, tout le monde s'est trompé avant vous sur l'emploi et vous n'avez finalement plus grand chose à perdre. Seul le travail sauvera la France et ses jeunes.

Un autre chantier sera la sécurité et le maintien de l'ordre, le respect de la loi. Souvent oublié, le renforcement des forces de police qui figure dans votre programme est essentiel. Combattez pour nous les fanatismes de tout bord mais aussi les incivilités quotidiennes qui déchirent le pays et le rabaissent. Une des réussites les plus rafraîchissantes de votre campagne c'est de justement réconcilier les Français  avec l'amour de leur pays avec modernité et ouverture. Contrairement à une croyance bien française, l'ordre et la loi sont compatibles avec l'inclusion et la tolérance. Une police forte et des prisons protègent tout le monde, Français et immigrés. Un État laxiste laisse prospérer les dissensions et le racisme. Ne vous laissez pas ralentir par les lourdeurs de notre système ou d'un parlement que vos ennemis essayent déjà de se départager. 

La France est un pays de révolutions et non pas d'évolutions. Notre peur était de voir des démons s'en emparer. Notre grande chance aujourd'hui est que la révolution ait porté un homme nouveau, positif, ouvert et respectueux. Pour gouverner et changer la France, on espère que vous saurez faire le tri entre politiciens compétents qui vous rejoignent par conviction et ceux qui vous courtisent par pur opportunisme et qui vous ralentiront dans votre élan réformateur ou vous trahiront à la moindre difficultté. On vous encourage à choisir les nouveaux talents dont seules la jeunesse et les idées peuvent réellement propulser le pays dans l'accélération qui lui est désormais indispensable. 

Je me réjouis de votre élection et elle me rend bien fier d'être un citoyen Français, issu de l'immigration et attaché à sa terre d'adoption. Je veux voir en vous l'homme providentiel qui saura enfin changer les choses.
En Marche! Félicitations et bonne chance!

30.4.17

Le grand choix

Beaucoup de mes amis me disent qu'ils ne voteront pas dimanche prochain ou qu'ils choisiront un bulletin blanc.
D'autres me disent qu'ils voteront pour Madame Le Pen dans l'espoir qu'elle dirige un gouvernement de cohabitation à droite et pour faire barrage à la gauche...
D'autres encore mettre en priorité leur rejet de Monsieur Macron et de son centrisme libéral ou de sa filiation avec Hollande.

À tous ceux-la qui auront peut être la responsabilité d'avoir porté Madame Le Pen au pouvoir j'ai envie de poser une question:

Est-ce que la France va si mal pour la précipiter - comme si elle n'avait plus rien à perdre - dans les mains d'un parti populiste qui prêche l'exclusion et la détestation de l'autre depuis des décennies? Certes, le chômage est au plus haut, l'islamisme radical a gangrené un partie de notre jeunesse et les politiques de droite ou de gauche n'ont pas réussi à relancer l'économie , réformer le pays ou améliorer la sécurité. Mais doit-on pour autant se jeter dans les flots obscurs d'un mouvement dont les négationnistes, racistes et révisionnistes de tous bords ne cessent de remonter à la surface? Doit on maintenant rajouter à notre bilan toutes les dettes accumulées par le FN depuis des générations auprès de tous les fascistes de France et de l'étranger et dont Mme Le Pen devra s'acquitter une fois à l'Elysée?

 La France va-t-elle si mal, est-il si terrible de vivre en France pour qu'on prenne le risque de jeter à la poubelle l'euro, la tolérance, la stabilité des banques, le vivre-ensemble et porter à l'Elysée une femme héritière de l'obscurantisme et du repli sur soi? En 1940, la France etait à genoux, vaincue, humiliée et exsangue et ce malheur l'a jetée dans les bras de Vichy. En 2017, la France va-t-elle si mal pour revenir à ses vieux demons? Je ne le crois pas. 

En face, c'est M. Macron avec certes bien d'inconnues, ses airs de Rastignac et son centrisme rêveur aux antipodes des discours blasés et populistes. Mais en vérité, un homme de 39 ans, intelligent et positif, une possibilité pour la France de se renouveler dans la cohésion et l'inclusion plutôt que de recroqueviller sur elle-même avec une femme-Robespierre populiste et trompeuse, le produit peu glorieux du système même qu'elle prétend abhorrer.


23.4.17

J'ai voté Macron

C'est une France fatiguée économiquement et divisée politiquement qui va aux urnes ce week-end, dans une époque de montée mondiale des populismes, de terrorisme rampant et de crispations identitaires.

La raison pour laquelle j'ai choisi Emmanuel Macron?  
Je vois d'abord en lui, ou tout du moins je l'espère, un souffle d'air frais après des décennies d'alternances stériles  droite-PS avec pour bilan davantage d'affaires et de concupiscence que de progrès et de réformes pour la France. Et quoiqu'en disent ses détracteurs, aucun des principaux candidats ne représente une rupture autant que M. Macron. Fillon est un élu depuis 1981, le PS est exsangue et Mme Le Pen est l'héritière des recettes de haine et d'exclusion qui n'ont jamais fonctionné.
Le deuxième argument  est plus pragmatique, c'est le favori des sondages qui semble pouvoir nous éviter un duel Le Pen-Melenchon. 
Ensuite c'est la légitimité et la capacité à réformer. Le programme de Macron est peut être moins clair que celui de Francois Fillon mais je le trouve moderne et intéressant car plus positif. On ne ne réforme pas la France sans faire rêver un peu et Macron aura plus de légitimité qu'un politicien  déjà embourbé dans ses affaires et renvois d'ascenseur inévitables.
Enfin, l'inclusion et la réconciliation entre les différentes composantes de notre société me paraît essentielle pour les années à venir. On n'étouffera l'islamisme radical qu'avec une vraie solidarité nationale qui n'exclut aucun Français de bonne volonté, on a besoin de réintégrer des pans entiers de notre société ravagés par le chômage, l'exclusion et le racisme et Macron est le seul candidat qui s'y intéresse. 
Certes un saut dans l'inconnu mais peut-être la chance d'un nouvel élan pour la France, on aurait tort de s'en priver. 

1.11.16

Bonne chance Général(e)

L'espoir fait vivre. Et il réjouit beaucoup de Libanais aujourd'hui. Ils veulent croire à un renouveau, ils parlent de changement, de restauration de l'ordre et de lutte contre la corruption. Bref, ils veulent vivre et pour cela il leur faut y croire au moins un peu.

Peu importe que l'homme objet de leur espoir soit âgé de 82 ans. Tant pis s'il accède au pouvoir grâce au patronage de la Syrie et de l'Iran. Et oublions au passage la cupidité de ses jadis féroces ex-opposants qui ont hâte de retourner enfin  au pouvoir en s'alliant avec lui l'espace d'une journée au parlement. Avant de re-sombrer sans doute dans la discorde naturelle dès qu'il s'agit de se partager le pouvoir et ses butins... Bon j'arrête là car je risquerais de parler d'intérêt général et passer pour un fou.

Peu importe aussi si cet homme s'est distingué en 27 ans de vie politique par son appétit maladif pour le pouvoir, la violence de ses guerres n'ayant pour égale que la versatilité de ses allégeances. Un jour, il se posait en défenseur de l'Etat et ses institutions et puis l'autre, il bloquait leur fonctionnement par des boycotts dans l'unique dessein de promouvoir (efficacement!) sa carrière politique.  Il critiquait tantôt le clientélisme et le féodalisme mais bien vite  s'assurait que son beau-fils devînt ministre. Il est le champion des insultes dont il recouvre ses opposants mais il peine tant à balayer devant sa porte pourtant jonchée d'alliances contre nature, de populisme et de démagogie.

Quand on regarde cette élection de loin, pardonnez moi qu'il soit bien difficile d'en espérer grand chose. Peut être que cette vie en Occident m'a rendu cynique et blasé. Mais de quel droit oserais je critiquer ce nouveau chapitre de l'histoire de mon pays natal que j'ai quitté il y a si longtemps? Allez, bonne chance mon Liban et mon Général, il est aussi des miracles qui arrivent justement quand plus personne ne les attend. 

27.8.16

Les donneurs de leçon sur le burkini...

À essayer (vainement) de créer des règlements pour interdire le burkini, la France a attiré un torrent de critiques de nos voisins qui ne manquent pas une occasion de railler l'idéalisme français ou le manque de tolérance du modèle laïc à l'égard des communautés. Pour ma part, même si je ne suis pas favorable à une législation anti -burkinis je ne suis pas pour autant d'accord avec ces critiques et les trouve assez inappropriées.

Certes, même si j'abhorre cet accoutrement ridicule, avilissant et totalement inopportun en Occident (comment bien vivre en Occident si on veut être plus islamiste et orthodoxe que dans son propre pays d'origine ?), je pense que des lois anti burkini en plus de leur potentielle inapplicabilité ne feraient que glorifier ce phénomène et lui donner de l'importance, voire le mettre à la mode (un peu comme les burqas devenues presque plus nombreuses après la loi qui les a interdites).

Pour autant, les Britanniques, Américains ou Allemands ne devraient pas jeter la pierre si vite sur les tentatives françaises de combattre l'extrémisme islamiste et ses symptômes. Premier fait, La France est bien plus concernée  par le péril islamiste avec une population d'origine musulmane à hauteur de 10%. Aucun de ces pays donneurs de leçon n'a le même challenge d'intégration. De plus, la crispation autour des banlieues, le chômage et l'exclusion d'une partie des populations d'origine immigrée en France rend le phénomène plus aigu que dans aucun de ces pays communautaristes et qui se drapent de tolérance pragmatique pour critiquer. On ne pense pas aux jeunes filles et aux femmes musulmanes qui rêvent sans doute d'être débarrassées de ce carcan et de cette pression obscurantiste. On oublie que ces retours au communautarisme ne font que stigmatiser et isoler ces musulmans d'Occident et qu'il est vital de les décourager. Et bien sûr, il est bien facile aux tabloïds Anglais de minimiser le problème du burkini et nous couvrir de ridicule car comme tout le monde sait, ce n'est pas la Grande Bretagne qui risque de faire face à un phénomène de burkinis avec ses plages bien fraîches!