2.10.17

CatalanExit et Désunion

il n'y a pas longtemps, un prêtre prêchait dans notre église à Manhattan que le monde n'était qu'un, que cette planète était une et notre race humaine n'était qu'une, liée, soudée dans un destin commun.  Il rajouta que le malheur venait quand on cherchait à diviser ce peuple, à ériger des murs entre nous et à différentier l'Homme sur la base de groupes, de races, religions, langues ou orientations sexuelles et le monter contre son prochain. Le mot "diable" ne provient-il pas étymologiquement du grec  διάβολος (diabolos) c'est à dire celui qui divise ou désunit?

En ce siècle, la division s'épanche dangereusement. Certaines nations comme l'Espagne aujourd'hui se déchirent alors qu'elles ont été unies pendant si longtemps ce qui provoque perplexité et tristesse. D'autres pays occidentaux  se concentrent sur leurs murs et leurs frontières mais l'ennemi est parfois en nous mêmes, il nous attaque de l'intérieur et nous divise. L'Europe qui détruisit son grand rideau de fer en 1989 en retrouve de nouveaux en Angleterre et dans les camps de migrants.  La civilisation arabo-islamique elle continue à sombrer dans l'obscurantisme et les guerres de clan aussi incessantes que sanglantes entre chiites, sunnites, Arabes ou Perses. La Russie et la Chine sont trop préoccupées par leur intérêts pour se soucier de cette désunion rampante.

C'est peut être pour cela que j'avoue regretter cette séparation de la Catalogne. Là où on peut comprendre que les Kurdes Irakiens puissent vouloir s'affranchir de gouvernements de Bagdad sanguinaires ou corrompus, on peine à voir l'urgence de la séparation à Barcelone. L'Espagne -sans nier ses difficultés économiques d'ailleurs toutes relatives- reste un des pays les plus attirants de la planète par sa stabilité, son mode de vie, sa société et culture ouvertes et si positives. Il est triste de voir les petits égoïsmes, les vieilles sensibilités nationalistes et les querelles économiques s'en emparer jusqu'à remettre en cause son intégrité de grande nation européenne. Cela peut donner de mauvaises idées à de nombreuses provinces du continent ce qui ne ferait que l'affaiblir davantage. 

Mais si ce monde n'était vraiment qu'un, perdu dans un univers immense et sans aucun autre signe de vie à des millions d'années lumière autour de nous, le fragmenter le vouerait sans doute à une disparition certaine. Pourquoi l'oublions-nous donc si souvent?

23.9.17

Une brise positive

Un petit vent d'optimisme souffle en France, une brise positive que d'aucuns cherchent fébrilement à minimiser.

Il y a là les habituels manifestants contre tout changement et éternels chantres du statu quo qui défilent sans trop savoir pourquoi ou pour qui. Ils étaient bien peu nombreux d'ailleurs par rapport a l'intense battage médiatique qui les entourait.Il y a les non moins ordinaires "déçus" qui ne se sont toujours pas remis de la défaite de leurs candidats et qui clament qu'un Fillon ou une Le Pen auraient mieux "géré Irma" mais ils provoquent l'ennui (du moins en ce qui me concerne!). Il y a ceux qui aiment pester et vociférer en héritage direct des révolutions puis il y a ceux qui dépriment car il est parfois si bon de déprimer en France, sur la terrasse d'un café, une cigarette (ou vaporette) au bec.

Mais la brise positive est persistante et provient de cette autre France plus discrète car elle se bat et travaille à son bonheur. Il y a par exemple M., ce chauffeur Uber de 20 ans qui est en même temps étudiant et fait des courses pour se payer son école d'informatique. Il est né en France de parents Algériens. Il m'avouait qu'il cherchait à fuir au Canada ou en Angleterre une fois ses études terminées. Il ne supportait plus "la mauvaise ambiance", un euphémisme pour résumer le mal-être qui a saisi la communauté maghrébine à coups de débats sur l'islam, de lois burkinis et d'attaques terroristes auxquelles elle est inévitablement associée. Mais  désormais ce n'est plus aussi clair.  "Ça va mieux depuis Macron. Si je trouve un job, je vais peut être rester", me confie-t-il.

De l'autre côté de la ville, Stephane de Freitas réussit à déclencher l'enthousiasme jusqu'au festival de Cannes en montant un concours d'éloquence verbale à l'université de Saint Denis où des dizaines de milliers d'étudiants du 93 se battent contre le destin funeste qu'on leur attribue trop vite.  Son documentaire "À voix haute" casse les préjugés et ressuscite cette France jeune, diverse, optimiste comme nous l'aimons. Ces jeunes blancs noirs ou arabes qui se respectent et remplacent leur langage aliénant par des prestations franchement émouvantes, il est là ce vent optimiste qu'on a cherché à étouffer et qui émane d'une société réconciliée.

Coups de communication  comme le disent ses détracteurs? Jupiter impuissant ? Peu importe. L'élection d'Emmanuel Macron a remis la France dans une ambiance de respect et d'écoute qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps: Aller de l'avant, se concentrer sur ce qui nous unit et arrêter de stigmatiser des pans entiers de la société.  L'inclusion, le respect de l'autre et l'union des forces de bonne volonté sont des valeurs essentielles pour le succès d'un pays et elles sont souvent inspirées par les bons dirigeants.

10.5.17

Bonne Chance M. le Président

Cher Monsieur le Président,

En ces jours commence pour vous une aventure historique. 

Il va vous falloir d'abord, au delà de votre rapide et judicieuse attaque sur la moralisation de la politique, relancer un pays en stagnation et mettre en place le plus rapidement possible tout ce qui contribuera à créer des emplois. Le chômage est le plus grand des fléaux qui gangrènent la France, il a enrayé notre capacité d'intégration et créé des ghettos. Votre réussite sera de l'éradiquer. Et pour cela ne faiblissez pas, tout le monde s'est trompé avant vous sur l'emploi et vous n'avez finalement plus grand chose à perdre. Seul le travail sauvera la France et ses jeunes.

Un autre chantier sera la sécurité et le maintien de l'ordre, le respect de la loi. Souvent oublié, le renforcement des forces de police qui figure dans votre programme est essentiel. Combattez pour nous les fanatismes de tout bord mais aussi les incivilités quotidiennes qui déchirent le pays et le rabaissent. Une des réussites les plus rafraîchissantes de votre campagne c'est de justement réconcilier les Français  avec l'amour de leur pays avec modernité et ouverture. Contrairement à une croyance bien française, l'ordre et la loi sont compatibles avec l'inclusion et la tolérance. Une police forte et des prisons protègent tout le monde, Français et immigrés. Un État laxiste laisse prospérer les dissensions et le racisme. Ne vous laissez pas ralentir par les lourdeurs de notre système ou d'un parlement que vos ennemis essayent déjà de se départager. 

La France est un pays de révolutions et non pas d'évolutions. Notre peur était de voir des démons s'en emparer. Notre grande chance aujourd'hui est que la révolution ait porté un homme nouveau, positif, ouvert et respectueux. Pour gouverner et changer la France, on espère que vous saurez faire le tri entre politiciens compétents qui vous rejoignent par conviction et ceux qui vous courtisent par pur opportunisme et qui vous ralentiront dans votre élan réformateur ou vous trahiront à la moindre difficultté. On vous encourage à choisir les nouveaux talents dont seules la jeunesse et les idées peuvent réellement propulser le pays dans l'accélération qui lui est désormais indispensable. 

Je me réjouis de votre élection et elle me rend bien fier d'être un citoyen Français, issu de l'immigration et attaché à sa terre d'adoption. Je veux voir en vous l'homme providentiel qui saura enfin changer les choses.
En Marche! Félicitations et bonne chance!

30.4.17

Le grand choix

Beaucoup de mes amis me disent qu'ils ne voteront pas dimanche prochain ou qu'ils choisiront un bulletin blanc.
D'autres me disent qu'ils voteront pour Madame Le Pen dans l'espoir qu'elle dirige un gouvernement de cohabitation à droite et pour faire barrage à la gauche...
D'autres encore mettre en priorité leur rejet de Monsieur Macron et de son centrisme libéral ou de sa filiation avec Hollande.

À tous ceux-la qui auront peut être la responsabilité d'avoir porté Madame Le Pen au pouvoir j'ai envie de poser une question:

Est-ce que la France va si mal pour la précipiter - comme si elle n'avait plus rien à perdre - dans les mains d'un parti populiste qui prêche l'exclusion et la détestation de l'autre depuis des décennies? Certes, le chômage est au plus haut, l'islamisme radical a gangrené un partie de notre jeunesse et les politiques de droite ou de gauche n'ont pas réussi à relancer l'économie , réformer le pays ou améliorer la sécurité. Mais doit-on pour autant se jeter dans les flots obscurs d'un mouvement dont les négationnistes, racistes et révisionnistes de tous bords ne cessent de remonter à la surface? Doit on maintenant rajouter à notre bilan toutes les dettes accumulées par le FN depuis des générations auprès de tous les fascistes de France et de l'étranger et dont Mme Le Pen devra s'acquitter une fois à l'Elysée?

 La France va-t-elle si mal, est-il si terrible de vivre en France pour qu'on prenne le risque de jeter à la poubelle l'euro, la tolérance, la stabilité des banques, le vivre-ensemble et porter à l'Elysée une femme héritière de l'obscurantisme et du repli sur soi? En 1940, la France etait à genoux, vaincue, humiliée et exsangue et ce malheur l'a jetée dans les bras de Vichy. En 2017, la France va-t-elle si mal pour revenir à ses vieux demons? Je ne le crois pas. 

En face, c'est M. Macron avec certes bien d'inconnues, ses airs de Rastignac et son centrisme rêveur aux antipodes des discours blasés et populistes. Mais en vérité, un homme de 39 ans, intelligent et positif, une possibilité pour la France de se renouveler dans la cohésion et l'inclusion plutôt que de recroqueviller sur elle-même avec une femme-Robespierre populiste et trompeuse, le produit peu glorieux du système même qu'elle prétend abhorrer.


23.4.17

J'ai voté Macron

C'est une France fatiguée économiquement et divisée politiquement qui va aux urnes ce week-end, dans une époque de montée mondiale des populismes, de terrorisme rampant et de crispations identitaires.

La raison pour laquelle j'ai choisi Emmanuel Macron?  
Je vois d'abord en lui, ou tout du moins je l'espère, un souffle d'air frais après des décennies d'alternances stériles  droite-PS avec pour bilan davantage d'affaires et de concupiscence que de progrès et de réformes pour la France. Et quoiqu'en disent ses détracteurs, aucun des principaux candidats ne représente une rupture autant que M. Macron. Fillon est un élu depuis 1981, le PS est exsangue et Mme Le Pen est l'héritière des recettes de haine et d'exclusion qui n'ont jamais fonctionné.
Le deuxième argument  est plus pragmatique, c'est le favori des sondages qui semble pouvoir nous éviter un duel Le Pen-Melenchon. 
Ensuite c'est la légitimité et la capacité à réformer. Le programme de Macron est peut être moins clair que celui de Francois Fillon mais je le trouve moderne et intéressant car plus positif. On ne ne réforme pas la France sans faire rêver un peu et Macron aura plus de légitimité qu'un politicien  déjà embourbé dans ses affaires et renvois d'ascenseur inévitables.
Enfin, l'inclusion et la réconciliation entre les différentes composantes de notre société me paraît essentielle pour les années à venir. On n'étouffera l'islamisme radical qu'avec une vraie solidarité nationale qui n'exclut aucun Français de bonne volonté, on a besoin de réintégrer des pans entiers de notre société ravagés par le chômage, l'exclusion et le racisme et Macron est le seul candidat qui s'y intéresse. 
Certes un saut dans l'inconnu mais peut-être la chance d'un nouvel élan pour la France, on aurait tort de s'en priver.