Aujourd'hui, le monde entier pense à Homs, cette grande ville syrienne assiégée devenue ville symbole et ville martyre.
Enfant, au Liban, je me souviens qu'on aimait à se moquer de Homs ou plutôt de ses habitants. Les blagues sur les gens d'Homs étaient nos blagues belges. Pauvre Homsis, on les affublait de toutes les tares et de tous les déboires, parfois en imitant l'accent lancinant des Syriens et la longueur des voyelles prononcées. Pour de nombreux Libanais victimes des violences de l'armée Syrienne, ces nombreuses blagues étaient comme des petites vengeances discrètes et inoffensives.
Bien plus tard, je me souviens d'être passé par Homs lors d'un voyage avec mes amis Français. La cité n'avait pas le charme d'Hama, la ville voisine bien plus pittoresque avec ses grands moulins sur l'Oronte (le grand fleuve qui traverse la région) et ville qu'Hafez el Assad avait fait bombarder en 1982 pour y écraser une révolte. J'ai gardé l'image d'une grande ville syrienne un peu aseptisée, perdue dans une plaine immense. Une de ces villes bardée de portraits de dictateurs et endormie comme toute la Syrie de l'époque sous une chape de peur.
Désormais, le destin tragique d'Homs est le symbole d'une révolte devenue guerre. Ses images rappellent aux Beyrouthins d'hier de bien tistes souvenirs, les snipers, les orgues de staline, les mortiers, les barricades, les bombardements de civils... tous ces ingrédients qu'on connait si bien et que le régime Baasiste expérimente toujours aussi impunément mais cette fois sur son propre peuple. Aujourd'hui, Homs et ses habitants ne nous font plus rire du tout. On s'en sent très proches et on prie pour que leur supplice se termine.
Pensée du jour
4.3.12
2.3.12
Kristy, ultime victime d'une jeunesse en crise
Kristy est un jeune de 15 ans torturé et tué par sa grande sœur et son ami qui l’accusaient de sorcellerie. Voila le fait divers qui défraye la chronique londonienne. 130 blessures et une noyade infligées a un jeune enfant qui visitait innocemment sa famille, ça choque, ça interpelle, ça alimente une actualité morose et lasse.
Mais au delà de l’horreur du fait divers et de l’incompréhension qu’il provoque, c’est un peu au débat sur le relativisme et l’anti-relativisme, aux discussions sur les civilisations et à la puissance effrayante de l’obscurantisme qu’on pense aujourd’hui aussi.
Ma pensée du jour n’est pas seulement pour ce jeune, il n’est que l’ultime victime visible de la stupidité et de la régression d’une Europe qui n’arrive plus a éduquer des pans entiers de sa société. Elle n’a plus les moyens financiers et humains de rassembler ses habitants dans un minimum de valeurs communes. Entre ce jeune sacrifié pour sorcellerie et ceux plus chanceux qui qui mènent une vie normale, il y a sans doute des milliers d’enfants qui souffrent. Peut-être pas au point d’être mutilés et paraitre dans la presse comme Kristy, mais ils sont nés dans des cités faites de décadence, chômage et d’ignorance. Dès leur naissance, ils sont embourbés dans une tiers-mondisation rampante aux portes de nos métropoles et ils sont de plus en plus nombreux à patir en silence d’une éducation déficiente et de parents parfois arriérés.
Au lieu de les montrer du doigt à des fins électoralistes et populistes comme en France ou de les ignorer dans une hypocrisie relativiste comme en Angleterre, nos dirigeants devraient se creuser les méninges pour leur tendre la main, les faire sortir de ce marasmne La société a elle sa responsabilité, bien sur. Personnellement, je me sens coupable aujourd'hui de ne pas prendre le temps pour donner des cours ou aider ces jeunes en difficulté qui sont de plus en plus nombreux. Je me borne a entrainer des petits Anglais du quartier presque tous les dimanche au tag-rugby mais ils sont tous si bien élevés, mignons et leurs parents sont géniaux. C’est si facile. Ca serait sans doute une autre affaire de faire la même chose dans un council estate (HLM Britannique)! La jeunesse devient un boulet pour l’Europe alors qu’elle devrait en être le moteur.
Mais au delà de l’horreur du fait divers et de l’incompréhension qu’il provoque, c’est un peu au débat sur le relativisme et l’anti-relativisme, aux discussions sur les civilisations et à la puissance effrayante de l’obscurantisme qu’on pense aujourd’hui aussi.
Ma pensée du jour n’est pas seulement pour ce jeune, il n’est que l’ultime victime visible de la stupidité et de la régression d’une Europe qui n’arrive plus a éduquer des pans entiers de sa société. Elle n’a plus les moyens financiers et humains de rassembler ses habitants dans un minimum de valeurs communes. Entre ce jeune sacrifié pour sorcellerie et ceux plus chanceux qui qui mènent une vie normale, il y a sans doute des milliers d’enfants qui souffrent. Peut-être pas au point d’être mutilés et paraitre dans la presse comme Kristy, mais ils sont nés dans des cités faites de décadence, chômage et d’ignorance. Dès leur naissance, ils sont embourbés dans une tiers-mondisation rampante aux portes de nos métropoles et ils sont de plus en plus nombreux à patir en silence d’une éducation déficiente et de parents parfois arriérés.
Au lieu de les montrer du doigt à des fins électoralistes et populistes comme en France ou de les ignorer dans une hypocrisie relativiste comme en Angleterre, nos dirigeants devraient se creuser les méninges pour leur tendre la main, les faire sortir de ce marasmne La société a elle sa responsabilité, bien sur. Personnellement, je me sens coupable aujourd'hui de ne pas prendre le temps pour donner des cours ou aider ces jeunes en difficulté qui sont de plus en plus nombreux. Je me borne a entrainer des petits Anglais du quartier presque tous les dimanche au tag-rugby mais ils sont tous si bien élevés, mignons et leurs parents sont géniaux. C’est si facile. Ca serait sans doute une autre affaire de faire la même chose dans un council estate (HLM Britannique)! La jeunesse devient un boulet pour l’Europe alors qu’elle devrait en être le moteur.
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5.1.12
Questions pour 2012
Apple condamné pour pratique déloyale en Italie, l'Iraq sombrant dans le terrorisme dès le départ du dernier soldat américain, Obama attaqué sur tous les fronts, l'actualité de la fin de l'année 2011 était d'abord morose pour l'Amérique. La France ne faisait pas bien mieux: On s'y dépètrait encore dans les menaces de dégradation des agences de notation et on s'y désolait de la crise aussi inattendue qu'inopportune avec la Turquie. Pauvre France, assiégée par les pirates du Net Turcs qui ne savent sans doute pas tant ce qu'est le génocide arménien qu'ils ne détestent le sarkozysme comme pris au piège de sa démagogie anti-musulmane. Economie, finances et maintenant valeurs et droits de l'homme malmenés par une actualité incorrigiblement simpliste, rapide, impitoyable.
Et 2012 qui commence à peine devra répondre à beaucoup de questions encore criantes. Sarkozy tiendra-t-il? Arrivera-t-il à rassembler pour gagner alors qu'il a tant divisé la France depuis le discours de Grenoble, tournant populiste de son régime? Nous sommes nombreux à ne plus pouvoir cautionner un pouvoir où les Hortefeux et les Guéant salissent l'image qu'on se faisait de la France. Et en face, à gauche, la mariée n'est pas tellement plus belle. Son programme semble paralysé d'avance, ses réformes bien vagues, son idéalisme inquiétant alors que l'Occident sombre dans l'austérité et la récession. Pour l'Europe, il y a aussi de l'inquiétude sur l'avenir non seulement de notre monnaie unique mais pour celui d'une Union qui fait face à une de ses plus graves crises depuis sa création.
Même question sans parti pris en Amérique. Obama qu'on a tant aimé puis qui nous a tant déçus ou les Républicains plus sinistres que jamais? Puis aussi, le dollar tiendra-t-il? Apple faiblira-t-il?
Et en Orient, où on se passionne toujours pour tout, qu'adviendra- t-il à la Syrie? De Beyrouth, où je passai un réveillon tranquille, on regarde avec anxiété ce massacre impuni à nos frontières. La chance ironique du Liban est que le pouvoir soit justement au mains des alliés de la dictature syrienne. Du coup, il est difficile aux sbires du Baath de fomenter comme de coutume des troubles à Beyrouth pour faire diversion et brouiller les messages et les médias internationaux. Le calme règne mais jusqu'à quand? Jusqu'où l'Iran ira-t-il dans son défi? Et enfin, là où tout ou presque a commencé, à Jérusalem, Israèl se defera-t-il de son inique faucon?
Réponses en 2012...
Et 2012 qui commence à peine devra répondre à beaucoup de questions encore criantes. Sarkozy tiendra-t-il? Arrivera-t-il à rassembler pour gagner alors qu'il a tant divisé la France depuis le discours de Grenoble, tournant populiste de son régime? Nous sommes nombreux à ne plus pouvoir cautionner un pouvoir où les Hortefeux et les Guéant salissent l'image qu'on se faisait de la France. Et en face, à gauche, la mariée n'est pas tellement plus belle. Son programme semble paralysé d'avance, ses réformes bien vagues, son idéalisme inquiétant alors que l'Occident sombre dans l'austérité et la récession. Pour l'Europe, il y a aussi de l'inquiétude sur l'avenir non seulement de notre monnaie unique mais pour celui d'une Union qui fait face à une de ses plus graves crises depuis sa création.
Même question sans parti pris en Amérique. Obama qu'on a tant aimé puis qui nous a tant déçus ou les Républicains plus sinistres que jamais? Puis aussi, le dollar tiendra-t-il? Apple faiblira-t-il?
Et en Orient, où on se passionne toujours pour tout, qu'adviendra- t-il à la Syrie? De Beyrouth, où je passai un réveillon tranquille, on regarde avec anxiété ce massacre impuni à nos frontières. La chance ironique du Liban est que le pouvoir soit justement au mains des alliés de la dictature syrienne. Du coup, il est difficile aux sbires du Baath de fomenter comme de coutume des troubles à Beyrouth pour faire diversion et brouiller les messages et les médias internationaux. Le calme règne mais jusqu'à quand? Jusqu'où l'Iran ira-t-il dans son défi? Et enfin, là où tout ou presque a commencé, à Jérusalem, Israèl se defera-t-il de son inique faucon?
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9.12.11
Faut-il dévaluer l'Euro?
Fin d’année préoccupante pour l’Europe. Et je commence à penser que l’entêtement maladif de l’Allemagne à garder artificiellement un euro fort est peut-être une des principales sources de tensions.
L’euro ne vaut plus ce qu’il affiche, il a été perverti par les emprunts et les déficits, on l’a prêté à des gens qui n’auraient jamais du l‘emprunter et au lieu d’accepter cette dépréciation évidente, on espère la contrer contre vents et marées, on refuse d’imprimer des billets, on refuse de racheter les mauvaises dettes, on s’accroche au dogme de la monnaie forte sans compromis.
Un ami Allemand assimilait cette politique germanique à l’allure d’un voilier navigant au près serré, c'est-à-dire le plus près du vent possible. On garde la pression maximum sur les pays déficitaires, on indispose toute l’Europe qui gite dangereusement mais on avance sans dévier en lâchant le minimum. L’intérêt de cette allure est justement qu’elle optimise la trajectoire d’un bateau. Son danger est double : le premier est que le voilier peut s’arrêter net après une embardée face au vent et on sent bien la récession attaquer le continent de plein fouet. Le second danger n’est pas moins grave. Le voilier européen, sans quille solide, peut tout simplement chavirer.
L’euro ne vaut plus ce qu’il affiche, il a été perverti par les emprunts et les déficits, on l’a prêté à des gens qui n’auraient jamais du l‘emprunter et au lieu d’accepter cette dépréciation évidente, on espère la contrer contre vents et marées, on refuse d’imprimer des billets, on refuse de racheter les mauvaises dettes, on s’accroche au dogme de la monnaie forte sans compromis.
Un ami Allemand assimilait cette politique germanique à l’allure d’un voilier navigant au près serré, c'est-à-dire le plus près du vent possible. On garde la pression maximum sur les pays déficitaires, on indispose toute l’Europe qui gite dangereusement mais on avance sans dévier en lâchant le minimum. L’intérêt de cette allure est justement qu’elle optimise la trajectoire d’un bateau. Son danger est double : le premier est que le voilier peut s’arrêter net après une embardée face au vent et on sent bien la récession attaquer le continent de plein fouet. Le second danger n’est pas moins grave. Le voilier européen, sans quille solide, peut tout simplement chavirer.
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16.11.11
Tintin par Spielberg
Les Tintinophiles sont éternellement frustrés qu'il n'y ait plus de nouveaux albums de Tintin, de nouvelles aventures ou même une fin pour Tintin et l'Alph-Art, l'ouvrage inachevé que nul n'eut jamais le droit de terminer... Ils seront donc heureux de redécouvrir leur héros préféré dans un film d'un genre nouveau et qui crée une belle double surprise.
La première est d'oser mélanger les aventures du célèbre reporter en mêlant le Crabe aux pinces d'or et le Secret de la Licorne et en changeant les méchants de rôle au risque de froisser les fanas qui verront l'honnête collectionneur Sakharine devenir un malfaisant descendant de Rackham Le Rouge! Hollywood innove ainsi en sortant de la routine dans laquelle un film trop fidèle à l'album aurait pu s'enfoncer mais on n'évite malheureusement pas une fin tronquée et bâclée.
Qu'importe! La seconde surprise est là pour qu'on pardonne tout! Tintin est tout simplement fantastique. La malice de Daniel Craig dans le look indiscutable de notre héros préféré, le capitaine est bon aussi et les Dupondt aussi stupides que leurs équivalents de bande dessinée. Les effets spéciaux sont spectaculaires avec une Licorne à l'abordage qui prend des allures de Titanic mais ils sont parfois de trop, on regrette par exemple que la bonne vieille médina de Bagghar se soit fait coiffer ... d'un lac de barrage totalement improbable pour qui connaît le Maroc et l'aridité criante du Crabe aux Pinces d'Or. Mais si c'est le prix à payer pour que l'Amérique aime enfin Tintin. Merci Spielberg.
La première est d'oser mélanger les aventures du célèbre reporter en mêlant le Crabe aux pinces d'or et le Secret de la Licorne et en changeant les méchants de rôle au risque de froisser les fanas qui verront l'honnête collectionneur Sakharine devenir un malfaisant descendant de Rackham Le Rouge! Hollywood innove ainsi en sortant de la routine dans laquelle un film trop fidèle à l'album aurait pu s'enfoncer mais on n'évite malheureusement pas une fin tronquée et bâclée.
Qu'importe! La seconde surprise est là pour qu'on pardonne tout! Tintin est tout simplement fantastique. La malice de Daniel Craig dans le look indiscutable de notre héros préféré, le capitaine est bon aussi et les Dupondt aussi stupides que leurs équivalents de bande dessinée. Les effets spéciaux sont spectaculaires avec une Licorne à l'abordage qui prend des allures de Titanic mais ils sont parfois de trop, on regrette par exemple que la bonne vieille médina de Bagghar se soit fait coiffer ... d'un lac de barrage totalement improbable pour qui connaît le Maroc et l'aridité criante du Crabe aux Pinces d'Or. Mais si c'est le prix à payer pour que l'Amérique aime enfin Tintin. Merci Spielberg.
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