Avec l’intronisation fracassante de Donald Trump auxEtats Unis, une nouvelle division du monde en trois blocs distincts semble se dessiner
Le premier bloc qui ne fait que gagner du pouvoir est celui de la ploutocratie néofasciste et impérialiste. C’est l’alliance des milliardaires qui rêvent d’ultra capitalisme même si leur programme fait chavirer l’ordre international . Derrière Donald Trump, et Elon Musk, on y retrouve de nombreux oligarques et pétro-monarques , et de grands patrons réactionnaires qui dans l’ombre des frasques de Trump acquiescent plus ou moins discrètement. Comme Vincent Bolloré en France dont les médias sont soudainement devenus pro-Poutine ou les dirigeants de Walmart ou Target qui ont hâtivement abandonné tout engagement de leurs entreprises en faveur de la diversité. Ce bloc accueille les fascistes et ultranationalistes de la planète avec un Netanyahu raciste et islamophobe qui an mis sa région à feu et à sang ou un Poutine qui a dévasté toutes les Russies.
A l’opposé , un bloc des anti-système qui veulent tout faire sauter a redoublé de virulence. C’est l’alliance des anarchistes ou ultra wokistes et des extrémistes de tout bord qui honnissent les grandes puissances et les classes dirigeantes. De l’ayatollah iranien et des fanatiques amoureux du martyre en passant par des gauches populistes radicalisées, le spectre est large mais l’outrance est sans limites. Ce bloc anti-système a perdu quelques pions mais il séduit dangereusement les classes ouvrières qui sombrent dans la pauvreté et il gangrène une certaine jeunesse exaltée, déboussolée et qui peine à s’affranchir des réseaux sociaux et des biais de confirmation qu’ils engendrent. Luigi Magione, populaire jeune assassin d’un patron de wall street en est un triste exemple.
En troisième, arrive le bloc des modérés humanistes, ni fascistes ni wokistes, attachés à une certaine vision idéalisée du monde où la collaboration et le respect peuvent vaincre l’impérialisme et l’obscurantisme. Victime d’un manque cruel de leadership, ce bloc qui croit encore à l’ONU, ou au développement durable, est affaibli, Il essuie les plâtres de l’affaissement des classes moyennes et du creusement des inégalités, et il recule face aux dictateurs populistes des deux premiers blocs.
Les trois blocs sont représentés au Moyen Orient. Au Liban, et contre toute attente, le troisième bloc de modérés a réussi à prendre le dessus avec un Président et un Premier Ministre inclusifs et éclairés. Mais ils sont déjà pris en étau entre l’impérialisme americano-israélien et l’extrémisme religieux pro-iranien qui s’y oppose. Leur marge de manœuvre est donc très serrée. Simultanément, en Syrie, Ahmad el Chareh semble vouloir rentrer son pays dans le bloc de la raison et de la tempérance après des années d’anarchie. Mais les dangers venus de l’islamisme dont il est lui même issu le pourchassent, sans compter Israël qui grignote son territoire en toute impunité avec le feu vert américain.
Enfin et sur une note moins défaitiste, les ploutocrates commencent à payer le prix de leur arrogance avec de sérieux revers boursiers aux Etats -Unis. Alors que le Congrès est muselé, la Justice paralysée et les médias dénigrés, serait-ce donc l’ultime contre-pouvoir que représente le S&P 500 qui fera enfin reculer Trump?