9.2.22
Le départ de Hariri : une chance.
4.9.21
La fin du système confessionnel
21.8.21
Dans la douleur, un nouveau Liban?
De retour à New York depuis quelques jours, j’ai vu l’actualité se noircir de mauvaises nouvelles. Entre le variant Delta du Covid, le séisme en Haïti et la chute de Kaboul, on ne sait plus trop à quel saint se vouer. Puis je contemple avec tristesse mon pauvre Liban dont l’effondrement s’accélère dans la douleur.
La faillite morale issue d’un système confessionnel archaïque y est désormais doublée d’une faillite financière et sociale. La montagne d’insouciance et de corruption construite après la guerre, ses allures faussement prospères faites d’enrichissement illicite, de voitures trop chères et de soirées opulentes se sont effondrées sur elles-mêmes, cédant la place à un pays fatigué sans infrastructures et sans leadership, et surtout sans le moindre sens de l’intérêt général.
La douleur y est donc immense, faite de pénuries, de spoliations et de comptes bancaires bloqués. Ces derniers jours, la crise a dévoilé le visage hideux de la contrebande de produits pétroliers subventionnés avec l’argent public et revendus en Syrie par les partis politiques confessionnels et leurs protégés. Au point où la population en colère a découvert des citernes d’essence illicites, alors qu’il faut attendre cinq heures pour faire son plein en station. Et bien sûr, le résultat tragique s’est imposé : une nouvelle explosion, cette fois dans le Nord, et son lot de morts et de grand brûlés, énièmes victimes d’un État bandit.
La fin de l’ancien Liban sclérosé par ses divisions religieuses et les peurs entre communautés semble désormais inéluctable. Le chemin du salut reste long, mais la crise dans ses horreurs peut unir les Libanais. Ils se rendent compte enfin qu’ils sont tous dans le même bateau, quelle que soit leur communauté, victimes justement de leurs désunions stériles, et de leurs zaïms abjects et manipulateurs. La société civile transformée en nouvelle opposition laïque représente donc le seul espoir. C’est cette société civile et ses jeunes qui ont d’ailleurs reconstruit des pans entiers de Beyrouth après la double explosion d’août 2020. C’est à eux d’imposer le changement et de nouveaux leaders. Leur plus gros défi sera de saper le discours confessionnel une bonne fois pour toutes, tuer les phobies qu’il a nourries au fil des siècles pour diviser la population et l’empêcher de réclamer des comptes à ses dirigeants.
Les Libanais trouveront ils le courage de jeter leurs peurs et avancer ensemble ? C’est peut être à l’avènement d’un nouveau Liban qu’on assiste, voire – osons rêver ! – à celle d’un nouveau Levant. N’oublions pas que les plus beaux enfants naissent eux aussi dans la douleur.
27.7.20
Faillite morale
15.7.20
2020: Quelle année...

13.6.20
Liban : fin d’un chapitre?
14.4.20
Desserts voyageurs
Je dis souvent que dans mon Levant natal, nous avons raté tant de virages, détruit nos pays, un à un, par nos gueguerrres communautaires, nous avons perdu la Palestine, oblitéré la Syrie et transformé une partie de notre beau Liban en forêt de béton et de corruption. Mais dans ce sombre tableau, nous avons au moins réussi une chose importante, c’est la cuisine. Et plus particulièrement aujourd’hui je vous parle des mamouls, ces merveilleuses pâtisseries fourrées de noix, pistaches, dattes ou amandes si difficiles à faire et dédiées à célébrer Pâques. Enfant à Beyrouth, j’adorais observer ma grand-mère avec ses trois filles et ma mère lancer ce gros chantier des maamouls pendant la semaine sainte. Chacune des femmes avait un rôle bien spécifique pour venir à bout de cette entreprise fastidieuse. Le résultat était comme une petite œuvre d’art, chaque pâtisserie était tout à tour, délicatement sculptée, minutieusement fourrée puis décorée comme une poterie avant d’être enfournée puis saupoudrée de sucre. Ces fruits délicats d’heures de travail et de détails étaient ensuite dévorés allègrement, en moins de trois secondes chacun, pour le plus grand bonheur de tous.
J’aimais surtout ce paradoxe que les maamouls, si chrétiens soient ils, pussent se trouver aussi en ville dans des pâtisseries renommées et notamment celles de nos quartiers musulmans, connues pour être les meilleures pour fabriquer ces délices pascals. Comme dans un pied de nez annuel aux nombreux fanatiques et sectaires qui ont détruit le pays et la région, mes parents et moi aimions que les meilleurs maamouls célébrant la fête chrétienne fussent parfois arrivés de Tripoli, cette ville du nord à majorité musulmane, presque intimidante pour nous en temps de guerre civile et de massacres intercommunautaires. Toujours surprenante, cette ville fut d’ailleurs plus récemment le théâtre d’une révolte séculaire contre le communautarisme sur des sons endiablés d’un DJ révolutionnaire digne d’Ibiza. Autant de stéréotypes et de stigmates mis à mal par une boite de maamouls ou des jeunes qui rêvent d’un avenir meilleur.
C’est justement de cette ville de Tripoli qu’un site internet téméraire m’a proposé la semaine dernière des maamouls livrés mondialement dans une publicité Instagram, narguant le Covid et ses blocages. Et dans mon confinement New-yorkais, je ne pus résister à la tentation de commander par gourmandise et curiosité, avec assez peu d’espoir de voir ces boites arriver à bon port. En effet avec l’aéroport de Beyrouth fermé aux voyageurs, l’état des transports internationaux, la réputation sévère des douanes américaines, le périple de ces boites s’avérait long et tumultueux, une odyssée que je pus suivre non sans excitation sur mon écran d’ordinateur; les boites partirent de Tripoli le jour même de ma commande et arrivèrent donc à l’aéroport de Beyrouth jeudi soir. Le lendemain elles embarquèrent pour .... Bahreïn pour transiter vers... Bruxelles. D’où elles repartirent dimanche pour les États Unis. Pas le meilleur bilan carbone, je vous le concède! Elles atterrirent hier à Cincinnati où elles passèrent vaillamment la douane. Je tremblai à l’idée de voir ces boites vertes ornées d’inscriptions arabes provoquer la suspicion, être ouvertes ou saccagées, finir compostées dans une poubelle de l’Ohio ou, moins tristement, chez un douanier gourmand. Et non! Ce matin, DHL m’a informé qu’elles ont atterri à New York. Et cet après midi elles sont bien là chez moi à Manhattan en à peine cinq jours!
Miracle d’un dessert proustien d’Orient, fabriqué par les musulmans pour les chrétiens et traversant la planète au temps du Coronavirus! Joyeuses Pâques à tous et un grand merci à Hallab.com.lb et à mon bien sympathique livreur masqué DHL.
https://www.hallab.com.lb/international/
20.1.20
Les sirènes trompeuses de la violence
D’abord, pour le contexte, rappelons le spectacle affligeant de la classe politique qui ne réussit même pas à former un nouveau gouvernement tant les avidités sectaires et partisanes y sont puissantes. L’égoïsme forcené, la stupidité et l’incompétence des dirigeants sont désormais à ciel ouvert et elles provoquent la colère. Tous les partis sont coupables: Ceux de la majorité avec en tête, un président de la république apathique et son gendre incompétent tous deux dépassés par les événements et un président du parlement abject accroché à ses privilèges mafieux. Mais aussi ceux d’une opposition inique en embuscade qui n’avait pourtant pas hésité à participer à l’ancien gouvernement et qui essaye maintenant de reprendre du galon, tel un bandit qui dénonce ses anciens complices pour sauver sa peau et accaparer le butin. Sans parler de l’ancien premier ministre qui n’a jamais rien réussi à faire pour son pays et qui est tout aussi responsable de la catastrophe économique et sociale.
Le recours à la violence est donc malheureusement tentant pour ceux qui se sentent oubliés et méprisés et n’ont plus rien à perdre alors que leurs comptes en banque ont été vidés. Or la colère et la violence peuvent sonner le glas de la révolution. Outre leur échec moral évident, leur capacité à diviser les rangs même de la révolte et le feu vert qu’elles représentent pour la répression policière en font un choix funeste. Puis, au risque d’être froid et calculateur, pour gagner par la violence, il faudrait que celle-ci puisse être plus forte que tous les partis politiques réunis (y compris une milice pro-iranienne armée jusqu’aux dents...). Pas le plus pragmatique des choix.
Alors n’oublions pas les vrais objectifs de cette révolution libanaise : le départ des anciens caïds (tous, c’est à dire tous!), la lutte contre la corruption devenue religion d’état et la fin du communautarisme. Répétons-les comme un mantra salvateur. Aucun progrès ne se fera sur ces fronts en vandalisant quelques banques et jetant des pavés sur les policiers. Avec l’échec annoncé du premier ministre désigné à former une équipe compétente, seules des élections anticipées peuvent amener au parlement un vent nouveau. Il faudrait, par la désobéissance civile, appeler clairement à leur tenue le plus vite possible.
15.1.20
Sortez Berry
9.1.20
La cause de tous nos maux: serait-ce la langue arabe?
27.12.19
Rêvons un peu
En effet, la révolution anti corruption et anti confessionnelle devrait se réjouir au moins modérément que ce soit un universitaire non affilié à un parti qui ait été choisi. Cela n’aurait pas eu lieu sans la pression de la rue. Quand on dit “Kellon ya3ne Kellon” on doit en toute honnêteté préférer un homme instruit à un énième oligarque ou même au premier ministre sortant. Un gouvernement techno politique sous M. Hariri n’aurait de toute façon rien réussi. Qu’un des trois présidents ne soit plus un caïd, c’est peut être un tout petit pas en avant.
Bien sûr, le fait que M. Diab soit nommé par l’actuelle majoritaire parlementaire, alliance du Hezbollah, Amal et CPL peut naturellement inquiéter. Et il aura sans doute peu d’autonomie pour réformer. Mais là aussi, on ne peut s’opposer au système parlementaire, si imparfait soit-il, sans risquer le chaos. Le 8 mars a la majorité et a donc techniquement le droit de gouverner. A nous de travailler pour évincer tous ces partis incompétents aux prochaines élections. Ou mettre la pression sur le nouveau premier ministre pour qu’il en organise de manière anticipée. Si on rejette tout, on court le risque de faire le jeu de ce même 8 mars qu’on critique. Il avait bloqué les institutions et paralysé le pays pour que Michel Aoun soit élu président en prétendant que le chrétien le plus populaire dans son camp devait absolument accéder à la présidence, créant une nouvelle règle sectaire qui complique encore plus notre système déjà impossible.
En conclusion, Hassane Diab a désormais un job titanesque devant lui. Plutôt que lui cracher dessus tout de suite, il faut peut-être lui souhaiter de l’intelligence voire de la ruse. Et de la chance. Il faut rêver que le bien du pays soit vraiment son objectif. Nous n’avons finalement pas beaucoup à perdre. Notre cynisme, défaitisme et fatalisme ne nous ont jamais menés nulle part.
24.11.19
Une feuille de route qui nous rassemble
2.11.19
Un nouveau système?
- créer une chambre haute (sénat) qui accueillera les chefs des communautés religieuses mais les confinera à un rôle qui protège la liberté de culte et le mode de vie de chacun. Le cardinal, le métropolite les muftis et autres chefs religieux pourront enfin avoir un cadre pour nous combler de leur sagesse sans pour autant avoir le dernier mot, sauf peut être un veto en cas de changements trop radicaux. De quoi rassurer par exemple les chrétiens de ne jamais se faire massacrer ou se retrouver en république islamique (une des peurs historiques qui a entériné le système confessionnel en 1943 et qui les hante toujours).
- La nouvelle constitution devra protéger les libertés et la cohésion nationale de manière très stricte. Et pourchasser toute discrimination et tentative de division sur base sectaire qui devront être assimilée à de la haute trahison. Il s’agit là de décourager les démons du passé et inscrire l’unité nationale comme valeur patriotique.
- Pour aider les religions à rester dans les temples, les discours politiques devront être dénués de toute notion sectaire ou religieuse. Eh oui! Avec un passé comme le nôtre il faudra peut être interdire tout parti politique ouvertement maronite chiite ou sunnite.
- Les religieux ne pourront s’exprimer sur des sujets politiques que dans l’enceinte du sénat. Adieu les sermons politisés du dimanche ou les appels à la lutte politique du vendredi. Plus au Liban ! La liberté d’expression ne pourra donc être totale au moins dans une première phase pour protéger la nouvelle république.
- Le pouvoir exécutif devrait être redonné à la présidence de la république comme en 1943 mais cette fois avec une élection sans preconditions religieuses au suffrage universel à deux tours. Pour éviter toute dérive dictatoriale, la chambre des députés et le sénat pourront destituer ce président en cas de crimes ou d’atteintes à la constitution à l’instar des États Unis. Deux mandats maximum de cinq ans et sans exception nous protégeront des potentiels tyrans.
- Pour ceux qui en doutent, il faut évidemment que la branche armée du Hezbollah soit intégrée dans l’armée libanaise.
27.10.19
La naissance d’une Nation?
1.11.16
Bonne chance Général(e)
9.5.16
Beirut Blues
7.8.11
Mont-Liban: Quand le désert avance
L'autoroute a été affublée d'un panneau pompeux au nom du dirigeant mégalomane, au moins il n'a pas honte de ses méfaits et il les signe. Le Liban a perdu des milliers d'arbres au profit des camions et des voitures qui empruntent désormais cette n-ième autostrade. Certes elle permet d' échapper aux routes engorgées principalement par un manque de signalisation, de civisme et de transports en commun. Mais elle est une blessure inutile, un pas de plus vers la désertification. Cette Montagne aux frontières des déserts, cette tâche verte dans une mer de sable, on la consomme, on ne sait plus l'aimer, on la ravage sans pitié.
11.3.11
Pensée pour la femme libanaise
Et plus particulièrement pour les Libanaises qui souffrent de lois discriminatoires honteuses. Ce pays ingouvernable peut au moins se targuer d’une absence de dictateur, d’une tradition démocratique certes très imparfaite mais vieille de 77 ans et d’élections parlementaires tous les quatre ans. Mais au Liban, les femmes ne peuvent toujours pas donner la nationalité a leurs enfants si leur mari est étranger (sous le prétexte rocambolesque de ne pas faciliter l’implantation des refugiés palestiniens). C’est une honte pour le Liban et pour les femmes et une source de frustration immense pour ces couples binationaux qui vivent au Liban et dont les enfants tous Libanais soient-ils sont étrangers dans leur propre pays.
Plus globalement, le fait que les droits civiques au Liban soient encore régis par la religion est un vrai problème et particulièrement pour les femmes. Bien que membre fondateur de l’ONU et signataire de la charte universelle des droits de l’homme, le Liban offre des droits différents à ses femmes selon leur religion! De la femme musulmane qui peut être répudiée sans raisons à la femme catholique qui ne peut divorcer, l’archaïsme de ce système est criant. Le système confessionnel absurde, l’absence de mariage civil, des règles de succession différentes selon la religion semblent provenir d’un autre âge. Il est dommage qu’aucun politicien ne s’empare sérieusement de ce vrai sujet.
Les parlementaires libanaises ont une grande responsabilité et elles ne peuvent pas vraiment fanfaronner. On ne les entend jamais alors qu'elles pourraient en se réveillant, sonner le glas d'un système sclérosé. Il sera plus facile d'accepter l'abolition du confessionalisme politique avec des femmes politiciennes au devant de la scène qu'avec les ex-caïds de guerre devenus politiciens bien virils, parfois effrayants et souvent fanatiques.
29.1.11
Alternance au Liban
5.1.11
Bilan sur le Liban
Une escapade a Tripoli et vous voilà plongés
dans une véritable ville d’Orient avec ses souks, ses mosquées et ses
incroyables pâtisseries. Le tout surplombé d'une forteresse croisée,
Tripoli a de l’allure et sa réputation de ville radicale, islamiste et sale est
injuste. Les gens y sont très amicaux et fiers de leur cité. Ironie, alors que
j’habitais a 8 km au nord de Beyrouth et donc a 70 km de Tripoli, je fis le
trajet plus rapidement que pour aller dans la capitale!





