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9.1.20

La cause de tous nos maux: serait-ce la langue arabe?


Le Moyen Orient en ce début d’année n’en finit pas de sombrer dans la pire décadence qu’il n’ait jamais connue. Pas un pays vraiment en paix de la Libye à l’Iraq, pas un succès économique qui ne soit artificiel ou gonflé de pétrodollars, pas une vraie démocratie qui fonctionne, le bilan est déprimant.
L’impasse où se trouve la civilisation arabo musulmane annoncée par Amin Malouf dans “Le dérèglement du monde” semble se matérialiser un peu plus chaque année.
Cela pousse à s’interroger sur les vraies raisons de ce déclin.


Une cause trop souvent évoquée pour nos difficultés moyen orientales est l’héritage obscurantiste et féodal de la domination ottomane dont le règne s’établit du XVIIème au XXème siècles en divisant les communautés sur base de religions et d’appartenances et des petits caïds locaux. Soit. Mais les Turcs sont partis il y’a désormais cent ans. Pourquoi ne sommes nous toujours pas sortis de ce carcan? 

Une cause prônée par les islamophobes est la nature obscurantiste et sexiste de l’Islam qui tire les populations vers le bas. Mais cette théorie raciste se démonte facilement dans des pays musulmans loin du moyen orient qui ont des niveaux de développement comparables à leurs voisins non musulmans. C’est plutôt  la place disproportionnée que la religion occupe qui semble être le problème.

Trop souvent évoquées sont aussi les accusations coutre l’impérialisme occidental et Israël, causes supposées de tous les maux. Mais la aussi, la cupidité des puissances occidentales depuis des siècles a recouvert tous les continents et nous n’en avons pas le monopole. Tout pays faible est exposé à l’impérialisme sans exception. Quant à Israël, il est difficile d’expliquer son influence sur les malheurs libyens, algériens ou irakiens  

Une cause bien plus plausible de nos problèmes est l’alphabétisation trop faIble et une éducation longtemps dépriorisée. Élément à charge, selon l’UNESCO, et bien que n’étant pas les pays les plus démunis de la planète, les pays arabes enregistrent les taux d'alphabétisme des adultes les plus bas du monde; seuls 62,2% des plus de 15 ans étaient capables de lire et d'écrire; ce taux est nettement inférieur a la moyenne mondiale [84%] et à celle des pays en développement (76,4%).

Au delà de l’incurie des politiciens, ces  retards sont intimement liés à l’obsolescence de la langue. La langue officielle, l’arabe littéral, fonctionne comme le latin d’avant la Renaissance en Europe. Plus personne ne sait le parler, il est difficile à apprendre et lire. On ne l’entend plus que dans des discours officiels, les prières et les journaux télévisés. Avec la digitalisation, il s’éteint encore plus vite. Les gens parlent et textent en utilisant  leur dialecte local qui ne s’écrit pas. Ou ils l’écrivent avec des caractères latins entrecoupés de chiffres pour remplacer les sons qui n’existent pas en Occident. Notre attachement à la belle langue arabe classique ne s’explique que par une nostalgie romantique, son statut de seul vrai rassembleur des pays arabes ou de langue du Coran.
Or il existe près de 65 millions d'analphabètes dans le monde arabe soit 43 % de la population (32 % parmi les hommes et 56 % parmi les femmes). Et il est beaucoup plus difficile d’alphabétiser une population avec une langue qu’ils n’utilisent presque jamais dans la vie courante. 
Autre preuve troublante, toutes les classes moyennes et tout le business privé dans le monde arabe utilisent généralement une autre langue, l’anglais un peu partout ou le français en Afrique du Nord et au Liban. 
Or sans alphabétisation, pas de développement, pas de classe moyenne et pas de démocratie. Cela laisse le terrain fertile aux despotes et mollahs. Et aux interventions étrangères visant les ressources. 
La solution? Peut être faut il se résoudre à créer un arabe moderne simplifié au moins pour le Levant ou les dialectes sont similaires (Liban, Syrie, Palestine et Jordanie). 

Illettrisme, divisions et omniprésence des religions à l’extérieur des temples, les voilà les ingrédients médiévaux de notre débâcle. Si l’Orient veut sortir de l’impasse, c’est à eux qu’il faut s’attaquer.

20.12.15

Joyeux Anniversaire Karim Benzema...

Joyeux anniversaire Karim.

 Tout d'abord je voulais te dire que j'étais triste pour toi.

Tu avais tous les éléments qui auraient pu faire de toi un rôle modèle. Dans une France gangrenée par le chômage des jeunes et les banlieues difficiles, tu es un contre exemple de réussite tout d'abord économique. Pour des centaines de milliers de jeunes, tu étais un symbole d'espoir et de succès. Tu es beau, tu es fort, tu es le meilleur buteur. Mon fils de 9 ans est fier de porter ton maillot.

En plus, par ton origine arabe, ta culture musulmane tu avais la parfaite opportunité de faire taire les apôtres de la peur, du rejet, du racisme. Quel Français ne s'est pas réjoui de chacun de tes buts et quel beur ne s'est pas senti à la fois fier de ses origines tout en aimant la couleur de ton maillot? Tu es aussi né au cœur de cette blessure Franco-Algérienne que les deux nations peinent encore à refermer et tu aurais pu contribuer à ta manière à panser la plaie.

Pauvre Karim, me dis-je parfois, c'est vrai que la responsabilité qui pèse sur tes épaules est bien plus lourde et grave que ce ton jeune âge, ta maturité ou les conseils que tu as reçus ou voulu écouter n'ont de substance. Au moment où la France a besoin de toi, au moment où ta famille, tes amis, tes fans ont envie d'espoir, tu les abandonnes tous. Tu continues à afficher ta froideur de faux cool. Tu perds ton temps et ton talent dans des combines pathétiques. Peu importe le jugement de ton affaire minable, au lieu d'être un rôle modèle, tu te présentes en magouilleur, en ami déloyal et tu prêtes le flanc aux pires de tes ennemis. Et moi, je suis embarrassé de ne pas savoir que dire à mon fils quand il va me demander pourquoi tu ne joues plus en équipe de France. 

Ressaisis toi Karim. Admets tes erreurs et aie le courage de changer. Ne cède pas à la victimisation. Un homme comme toi à le pouvoir de changer. Ton pays c'est la France n'en déplaise à tous tes détracteurs. Les communautés d'origine Arabe méritent mieux de toi. Tout le monde est prêt à te pardonner si seulement tu étais prêt à te donner une chance d'être à la hauteur. 

La France et le monde entier ont plus que jamais besoin d'hommes providentiels. Les valeurs d'inclusion, de fraternité, d'acceptation et de pardon sont tous les jours piétinées par les apôtres de la division, du renfermement sur soi, de la vengeance et du mépris. Toi qui, que tu le veuilles ou pas, aurais pu jouer un rôle positif, accepteras-tu de relever ce défi?

7.11.15

Trou noir

Depuis le succès du film "the theory of everything" remettant en scène la superbe  histoire de Stephen Hawking, ce génie de l'astrophysique révolutionnant le monde avec son big bang, jusqu'aux lectures de mon fils passionné par l'astronomie et ses mystères et après mon passage au musée d'histoire naturelle de New York, à côté duquel nous venons de déménager, où la naissance du monde et l'espace sont méticuleusement décortiqués et vulgarisés, je me suis intéressé, de manière purement fortuite, tardive et inattendue à cet étrange phénomène des trous noirs.

Pour résumer, une étoile, jadis au sommet de sa gloire et lumière, s'éteint et s'effondre sur elle même créant une gravité extrême qui attire et annihile tout, réduisant tout ce qui l'entoure à un point où la matière se concentre. Tout autour de ce point , la zone appelée de "non-retour" est un vide absolu ou toute chose est immédiatement aspirée, absorbée et détruite. Même la lumière est déviée et l'espace temps est déformé dans ce néant appelé trou noir.

La beauté de l'astrophysique est qu'elle me semble imiter ou magnifier la vie terrestre , la nature et notre quotidien dans un mystérieux, voire mystique Alpha et Oméga: La naissance et l'extinction, la matière et l'antimatière, le bien et le mal, l'ouverture à l'autre et le repli sur soi, l'attirance et la répulsion, la vie et la mort.

Et l'actualité de cette année n'échappe pas à cette dualité. La Syrie s'est effondrée dans  un trou noir et se consume dans un conflit sans fin, attirant sans retour des guerriers sataniques, des puissances occidentales aveugles qui y envoient des drones destructeurs telles de stupides sondes spatiales et puis ce monstrueux maelström d'argent et d'armes provenant de dictateurs corrompus et de princes du pétrole dont la faillite morale ne trompe plus personne. 

Le seul espoir est que selon Stephen Hawking lui-même, les trois noirs ne sont pas éternels. La matière s'échappe graduellement de cette gravité et se disperse à nouveau dans l'univers dans une radiation mystérieuse. Espérons que dans le cas Syrien, cette renaissance d'où qu'elle vienne prenne un peu moins longtemps que les millions d'années de rigueur dans l'espace.

19.1.15

Appel aux musulmans qui ne veulent pas être sollicités

Beaucoup d'entre vous avez immédiatement réagi au drame Charlie. Vous vous êtes indignés au nom de l'humanité, du refus de la violence et du meurtre. Quelle que soit votre irritation ou indifférence vis à vis de ces caricatures, vous vous êtes naturellement révoltés que des terroristes puissent dénaturer votre religion et en faire un étendard du crime et de l'obscurantisme.

Mais certains musulmans ont réagi différemment aux récentes attaques en se disant étrangers à ce mal. Certes, ils ont aussi regretté la violence mais ils se sont sentis insultés des appels pressants à condamner le radicalisme que certains leurs ont adressé. J'ai entendu ou lu: "Ce radicalisme n'a rien à voir avec nous. Nous ne devons pas être immédiatement et systématiquement  obligés de nous en indigner. Pas plus que les attaques d'extrémistes chrétiens ne nécessitent vos condamnations immédiates...". Certains rajoutent même : "ce terrorisme est une création de l'occident et ses suppôts saoudiens, de ceux qui ont a financé les taliban et autres moudjahidine pendant des décennies" ou encore un autre ami qui me dit:  "ce sont vos gars, c'est un problème franco-français".

Ceux-là, j'ai envie de leur dire aujourd'hui : Oui, vous n'êtes pas responsables de ce mal. Mais ces crimes qui se multiplient partout sont commis au nom de votre religion et de votre prophète. Certes, vous n'y êtes pour rien. Certes, c'est pesant d'entendre des non-musulmans outrés et enragés vous reprocher implicitement d'être complices si vous ne condamnez pas.
Mais pardonnez moi de le dire: il faut avouer qu'un mal terrible s'est emparé de l'islam. Le radicalisme bourgeonne partout comme une métastase obscurantiste. On a besoin de vous. On a besoin que vous le rejetiez. Comme un cancer il s'empare de votre culture et la transforme en barbarisme. Il se répand vite et il tue. En Afrique, en Orient et en Occident. Vous n'y êtes pour rien. Mais sans les vrais musulmans, comme vous, ceux qui prônent tolérance et amour du prochain, l'humanité ne pourra pas se débarrasser de ce fléau. Alors oui, je vous le demande, je vous en conjure, vomissez ce radicalisme avec nous. Autant que nous. Plus que nous.

Soyez les hommes et les femmes providentiels qui cassent ce cycle. Cette religion a besoin d'une aube nouvelle. Et elle a besoin de vous. Ne cédez pas aux voix de la victimisation ou aux théories de complot. Quelle que soit la responsabilité de l'Occident, quel que soit le mal apporté par les erreurs américaines et occidentales, quelles que soient les injustices liées au néocolonialisme, pardonnez moi de vous le dire, en frère, en ami, en compatriote à la fois libanais et français, la maladie est désormais chez vous. Elle se répand dans vos sociétés. Elle tue chez vous encore plus que chez nous. Elle dénature vos véritables causes, elle relègue la juste cause palestinienne au second plan en la recouvrant d'un antisémitisme abject. Pour ma part, à chaque fois qu'un musulman condamne cette folie, je me félicite, je me rassure, je retrouve de l'espoir. 

Et notre responsabilité de non-musulmans n'en est pas pour autant oubliée. Au contraire. Elle réside aussi en une bataille féroce contre l'islamophobie. Un peu comme dans ces belles photos diffusées aujourd'hui de prêtres catholiques défendant une mosquée en banlieue parisienne. Notre responsabilité c'est de garder l'espoir, ensemble.

7.1.15

Immense émotion: Charlie Hebdo

Immense tristesse de voir les loups rentrer dans les bergeries, tuer sans ciller des journalistes pour leurs opinions
Immense déception de les savoir en cavale, cruellement contents d’eux même sans que personne ne puisse les arrêter
Immense appréhension des divisions et phantasmes que ce crime peut créer autour d’un Horla  islamiste rampant dans nos villes
Immense besoin de se souder contre le vrai ennemi aux multiples visages : le fanatisme, la régression, la déshumanisation de l’autre qui nous guettent
Mais immense peuple, Chrétiens, Musulmans, Juifs, agnostiques athées ou autres hommes de bonne volonté, restons unis, ne cédons pas devant ce nouveau fléau

25.9.14

Le piège Daech

Une folie meurtrière s’est emparée de la planète cette année.

Le 11 Septembre avait sonné le glas de la fin de l’Histoire et du triomphe des civilisations éclairées. Treize ans plus tard, la planète est bel et bien déchirée. Les valeurs de justice, d’humanisme, de fraternité se replient et sont ouvertement balayées du revers de la main par des monstres sortis tout droit d’un film de science-fiction. Surgie ca et la, cette cruauté aveugle n’est pas sans rappeler celle d’humanoïdes des Seigneurs des Anneaux ou les plus récents anti-héros de Game of Thrones, totalement dénués de la moindre empathie. On a tort de qualifier ce groupe d’Etat et d’islamique, il n’est en réalité ni Etat, ni religion, ni califat. Il est une insulte à ces trois concepts réunis. L’acronyme Arabe de Daech lui sied mieux. Sachant que la langue Arabe n’a jamais vraiment accommodé d’acronyme, tout cela en dit long de cette farce sanglante qui détruit l’Orient.

La France n’est pas immune a ces secousses violentes. Et elle court le risque de s‘enfoncer dans ses divisions. Les actes de « Daech » renforcent, épanchent l’islamophobie, la peur et le rejet des communautés musulmanes comme une campagne digitale de haut niveau. Plus que jamais on est tenté de faire l’amalgame, d’accabler l’Islam de tous les maux et de rejeter en bloc cette menace aux portes de nos villes. La peur se répand a coup de videos partagées et de liens intempestifs. Récemment, de nombreux posts facebook condamnaient par exemple le « silence » des musulmans de France. La moindre recherche montrait pourtant les condamnations fermes du recteur de la mosquée de Paris et de nombreuses voix de la majorité modérée des musulmans de France, horrifiés que leur religion soit trainée dans la boue et apeurés par la haine que tout cela déclenche contre eux. Sans parler des sondages russes inverifiables qui disent que 15% des Francais soutiennent Daech...

Face à cette menace, il est plus que jamais urgent de s’unir et de montrer un front commun contre la haine et la violence. Chaque voix, chaque intention compte. Le rejet en bloc de l’islam si tentant est lui-même le meilleur outil de recrutement des djihadistes. Se tendre la main, c'est ne pas tomber dans leur piège.

21.7.14

Israël et Palestine: Le cercle vicieux

Le déferlement de haine et d'hostilité sur les réseaux sociaux au sujet de la guerre de Gaza est inégalé. Un côté critique amèrement l'entreprise guerrière et meurtrière d'Israël sur le territoire surpeuplé de réfugiés et assiégé depuis des décennies. L'autre se désole qu'on ne pense pas aux vies israéliennes qui sont menacées par le Hamas et en appelle au sacro-saint droit d'Israël à se défendre...Jamais le dialogue et la recherche de la paix n'ont paru aussi éloignés.

De par mes origines, je suis évidemment un fervent sympathisant de la cause palestinienne. Mais je n'ai pas peur de le dire à mes amis, lancer des roquettes sans discernement contre des villes israéliennes ne peut-être justifié. Quelque soit la souffrance, quelque soit la misère du peuple palestinien, il a le devoir se battre contre son oppresseur par des moyens légitimes, limités aux forces d'occupation et leur infrastructure. Quelque soit le désespoir, prendre pour cible des civils innocents en Israel est un crime et il ne sert pas la cause palestinienne, il la salit.
De la même manière l'opération militaire d'Israël est totalement  injustifiable et ne relève pas de la simple autodéfense. Gaza n'est pas un pays étranger indépendant qui agresse Israël et le Hamas n'est finalement que le fruit de ce qu'Israël a fait des Palestiniens depuis sa création. Cette violente occupation, cet état de quasi apartheid, cette colonisation continue du peu des territoires qu'il leur reste, ce blocus imposé arbitrairement, cette humiliation qui durent depuis des décennies sous l'œil complaisant et bienveillant des États-Unis. N'en déplaise à Israël, Gaza n'est pas un agresseur. Gaza est un ghetto de non droit et de misère qu'Israel a engendré.

Bien sur, il faut un cessez le feu et tout de suite. Mais Il faut que cette énième guerre ne puisse plus jamais avoir lieu. Il faut que l'Occident se saisisse serieusement de ce dossier palestinien et le résolve une fois pour toute. Il est au cœur même de cette terrible guerre des civilisations qui l'oppose  à l'Islam. Et ce conflit est plus que jamais dans un cercle vicieux entre deux phénomènes qui s'alimentent mutuellement. 
Le premier est Israël dont l'instinct de survie et la soif de vivre "normalement" hérités d'une histoire de persécutions et de génocide sont immenses. Cela pousse l'Etat Juif à une violence disproportionnée contre ses ennemis et ceux qui ne le reconnaissent pas, bombardements, destruction, oppression, colonisation, cette violence ne fait que croître malgré les courageux appels de la société civile israélienne.
Le deuxième phénomène est chez les Arabes dont la souffrance, l'humiliation et la misère provoquées par Israël ne font que s'accroître. Ils se réfugient dans toujours plus d'appels à la haine, à ne pas reconnaître Israël, à nier son droit d'exister, à tenter de terroriser sa population ou l'empêcher de vivre normalement. Chaque phénomène ne fait qu'encourager l'autre et la guerre de Gaza l'illustre, une triste fois de plus, parfaitement.

2.5.11

Exit Ousama

Ben Laden n'est plus. Enfin tout du moins on l'espère. Je regrette pour ma part que son corps ne soit pas disponible pour me rassurer de ce décès et pour priver les fanatiques du triste personnage de leurs rêves de complot et de leurs faux-espoirs. Certes, une page noire se tourne dix ans après ce 11 septembre qui nous a précipités dans une ère de guerres et et surtout méfiance et hostilité entre les mondes occidentaux et arabo-musulmans. En revanche la nouvelle page qui s'ouvre n'est pas encore très claire. Le criminel est mort, pas les conflits qu'il a aidé à créer ou à perdurer.

Tout d'abord, où en est l'Iraq qui a payé le 11 septembre par une guerre injustifiée, fausses preuves à l'appui? On attend toujours qu'un regret soit exprimé à Londres ou a Washington, qu'un mot d'excuse soit prononcé pour ces centaines de milliers de morts, pour ces chaises vides aux dîners des familles meurtries, pour les enfants irakiens qui ont grandi sans père ou mère (pour reprendre presque mot pour mot le discours d'Obama qui parlait lui des victimes de Ground zero). Tout ce sang versé pour pourchasser des armes inexistantes et déboulonner un dictateur certes inique mais sûrement pas davantage que Bachar el Assad ou Kadhafi qu'on a courtisé. Et aussi, quid du bourbier afghan? Qu'y fait on encore dix ans après? Est-ce vraiment une guerre défensive? Qui protège-t-on au juste à Kaboul et ne courons-nous pas le risque de créer plus de taliban encore? Et enfin, qu'en est-il de la Palestine, la mère de tous les conflits arabo-occidentaux, la plus grande injustice financée par les Etats-Unis avec deux ou trois milliards de dollars annuels, la concupiscence et l'acceptation qu'un pays colonise les terres d'un autre sans l'ombre d'une réprobation? Les bonnes promesses de M. Obama au Caire ont vécu, laminés par l'intransigeance d'Israel et le manque de sympathie pour les victimes de ce conflit, le désintérêt terrible pour ces étrangers sur leur propre terre qu'on "judaïse" impunément, ces hommes sans droits, sans passeports, sans Etat.

Toutes ces plaies restent ouvertes et maintenant qu'Ousama n'est plus, il est temps que l'Occident travaille à les refermer. Pour éviter plus de haine et plus d'extrémisme et pour nous assurer une paix pérenne, meilleure qu'un plan vigipirate renforcé.

11.3.11

Pensée pour la femme libanaise

Avec un peu de retard, une pensée pour les femmes qui se battent pour leurs droits à travers le monde.
Et plus particulièrement pour les Libanaises qui souffrent de lois discriminatoires honteuses. Ce pays ingouvernable peut au moins se targuer d’une absence de dictateur, d’une tradition démocratique certes très imparfaite mais vieille de 77 ans et d’élections parlementaires tous les quatre ans. Mais au Liban, les femmes ne peuvent toujours pas donner la nationalité a leurs enfants si leur mari est étranger (sous le prétexte rocambolesque de ne pas faciliter l’implantation des refugiés palestiniens). C’est une honte pour le Liban et pour les femmes et une source de frustration immense pour ces couples binationaux qui vivent au Liban et dont les enfants tous Libanais soient-ils sont étrangers dans leur propre pays.

Plus globalement, le fait que les droits civiques au Liban soient encore régis par la religion est un vrai problème et particulièrement pour les femmes. Bien que membre fondateur de l’ONU et signataire de la charte universelle des droits de l’homme, le Liban offre des droits différents à ses femmes selon leur religion! De la femme musulmane qui peut être répudiée sans raisons à la femme catholique qui ne peut divorcer, l’archaïsme de ce système est criant. Le système confessionnel absurde, l’absence de mariage civil, des règles de succession différentes selon la religion semblent provenir d’un autre âge. Il est dommage qu’aucun politicien ne s’empare sérieusement de ce vrai sujet.

Les parlementaires libanaises ont une grande responsabilité et elles ne peuvent pas vraiment fanfaronner. On ne les entend jamais alors qu'elles pourraient en se réveillant, sonner le glas d'un système sclérosé. Il sera plus facile d'accepter l'abolition du confessionalisme politique avec des femmes politiciennes au devant de la scène qu'avec les ex-caïds de guerre devenus politiciens bien virils, parfois effrayants et souvent fanatiques.

8.3.11

Ambiance populiste et décadente

J’ai souvent critiqué cet acharnement du sarkozysme à se pencher sur l'Islam de manière populiste et malsaine dans le but de combattre le FN sur son terrain de prédilection, celui de la peur et la haine d’autrui. On se souvient de la maladresse du débat sur l’identité nationale tellement stigmatisant, sans oublier le tapage médiatique intense sur l’épiphénomène de la burqa et l’acharnement hystérique de M. Hortefeux sur des faits divers inconséquents comme la conductrice voilée et son compagnon polygame…

Et cela n’est malheureusement pas fini! Jean-François Copé nous propose désormais tout simplement, tout bonnement et avec son arrogance habituelle un pur débat sur l’islam ! On se demande bien pourquoi il faudrait débattre aujourd'hui et aux frais du contribuable d’une religion et de sa pratique en France alors que l’essentiel de nos soucis sont d’ordre économique (et diplomatique !). Et plus maladroit que jamais, M. Sarkozy essaie dans la foulée de nous faire pleurer de joie (ou de honte) sur la beauté de nos cathédrales alors que la géopolitique bouge et avance en Afrique du Nord et qu’on attend de l’Etat qu’il joue son rôle dans ce changement extraordinaire qui traverse le monde arabe plutôt que verser dans un nationalisme nostalgique de bas étage. On voudrait vraiment croire que la France est moins décadente que leurs discours ne laissent a penser.

Mais surtout, ces derniers jours révèlent l’échec cuisant de cette politique aventureuse. Marine Le Pen n’a jamais été aussi populaire et est donnée gagnante du premier tour de 2012! Elle a au moins le « mérite » d’avoir choisi ouvertement le populisme anti-islam et elle assume sans hypocrisie son discours xénophobe. Rien d’étonnant qu’elle profite de ce brouhaha sur l’islam que la majorité a instauré volontairement. On dit même que des musulmans laïcs la trouvent sympathique tant la majorité les dégoute et la gauche les endort. Il faut avouer que la corruption qu’elle décrie et le « Tous pourris » qu'elle rabache ont atteint leur apogée avec l’affaire Woerth suivie de l’affaire MAM, le retour de M. Juppé et de M. Longuet tous salis par des affaires et les échappées belles de M. Chirac éternellement immune a la moindre justice. Ca me donnerait presque envie de voter pour Eva Joly…

20.1.11

La pensée pour Mohammed

La révolution tunisienne a été amorcée par un suicide par le feu de Mohammed Bouazizi, un jeune de 26 ans qui protestait contre les exactions de l’Etat. Depuis, d’autres pays semblent s’être épris de cette ultime et horrible manifestation de désespoir. Les tentatives d'immolation se multiplient en Algérie et en Egypte suscitant consternation et appréhension.

Comme si on ne pouvait crier sa détresse dans le monde arabo-musulman que par cette arme redoutable de la violence et plus précisément ici du suicide. Les suicides hostiles et dévastateurs des kamikazes d’Al-Qaeda cèdent la place à des suicides qui ne tuent que l’intéressé mais veulent cristalliser de façon suprême un ras-le-bol généralisé dans des nations malheureuses. On souhaite à ces gens qui veulent protester et se faire entendre de renoncer à ces moyens teribles et que leur voix puisse être entendue sans qu’ils ne doivent souffrir d’une mort atroce.

Et pour cela, on souhaite aux gouvernements occidentaux de prendre cette révolution tunisienne comme une opportunité d’instaurer plus de liberté et de droit dans les pays arabes et de cesser leur soutien lâche à des dictateurs infâmes. Le temps serait venu pour exercer un peu moins de realpolitik. Si on n’avait pas si soutenu Kadhafi pour ses pétrodollars et vilement libéré ses amis terroristes par pure complaisance mercantile, son régime aurait-il survécu pour etre la plus longue dictature au monde? Et sans le dopage financier du régime égyptien par les Etats-Unis, en serait on arrivé à cette tyrannie héréditaire des Moubarak au Caire ?

10.1.11

Mes voeux pour Obama

Que souhaiter à Barak Obama pour 2011 ?

Ce cher président cumule les superlatifs. Il est le président américain le plus populaire dans le monde. Il est aussi malheureusement le président le moins apprécié localement après seulement deux années de mandat. Il est sans nul doute le président le plus inspirant et charismatique. Mais il est aussi l’un des plus malchanceux en terme de conjoncture économique. Je crois que c'est le président le plus ouvert d’esprit et le seul à s’être profondément intéressé au problème israélo-arabe dès le début de son mandat ; sa main tendue à l’Islam dans son discours du Caire a crée tant d’espoirs. Mais aussi, (et en conséquence), il est le président le plus malmené par Israël depuis sa création, celui dont l’autorité et le leadership ont été le plus traînés dans la boue par un Etat Hébreu gouverné par une droite extrémiste qui ne veut pas vraiment la paix.

Alors je lui souhaite un peu plus de fortune, plus de croissance et plus d’emplois. Je lui souhaite de ne pas se renfermer face aux difficultés et que sa popularité à l’international ne faiblisse pas, qu’il continue à changer l’image des Etats-Unis dans le monde. Je lui souhaite un changement de régime en Israël, qu’il puisse composer avec des gens un peu plus décents qu’un premier ministre inique et un ministre des affaires étrangères raciste. Et enfin, bien sur –Obamaphilie oblige – je lui souhaite de reconstruire sa popularité afin d'être réélu en 2012. Bonne chance Obama !

7.1.11

Islam et Occident: Rever encore pour 2011

Le spectre de l’antagonisme islamo-chrétien et islamo-occidental a inauguré 2011 avec l’attentat d’Alexandrie tout comme il avait dominé le début de siècle avec le 11 septembre 2001.

En ces jours, nos titres de journaux raffolent plus que jamais de cette guerre souvent larvée ou parfois déclarée et qui s’étend d’Afghanistan en Iraq en passant par la Palestine et qui termine de façon malsaine et inquiétante aux portes même de nos villes européennes, dans nos HLM malades de chomage, dans des cantons suisses réactionnaires et dans les discours haineux des extrême-droites européennes. Selon Le Monde, l’islamophobie s’étend même dans les élites occidentales alors qu’elle était auparavant confinée aux xénophobes et aux néo-nazis. Symétriquement, la haine de l’Occident se propage dans les classes moyennes musulmanes, lassées d’être montrées du doigt et accusées le plus souvent injustement de tous les maux du siècle. Sans oublier la consternation que les musulmans ressentent devant l’abcès de fixation que représentent la misère du peuple palestinien et l’impunité d’Israël.

Je me surprends à espérer que 2011 puisse être une année de mobilisation de tous les esprits de bonne volonté qui croient encore que cette guerre de civilisation ultra-prophétisée et médiatisée peut être évitée. Plutôt que jouer les Cassandre et se complaire dans le renfermement sur soi, pourquoi ne nous ressaisissons pas des droits de l’homme comme règle de base universellement valable et qui – contrairement a ce que disent les pessimistes – n’a jamais été autant reconnue et appliquée. Jamais les civilisations ne se sont autant mélangées, jamais nos villes et ne modes de vie ne se sont autant ressemblés, jamais nous n’avons autant communiqué, chatté et échangé. C’est justement quand le tableau parait le plus noir qu’il est urgent de tendre la main et de rêver. Rever qu'il peut y avoir davantage de jeunes comme ce Tarek Bestandji qui temoignait dans Le Monde de son experience reussie de la ZEP à Sciences-Po. Rêver que le futur est forcément dans l'ouverture, rêver d’une chute de Netanyahu et de Lieberman, rêver d’une relance de l’économie française et d’une baisse du chômage (avec un effet immédiat sur l’intégration des musulmans), rêver d’un apaisement en Iraq et d’un départ des troupes américaines… Finalement le plus grand courage est de croire encore à ces valeurs et à leur actualité et ne pas céder aux sirènes de la méfiance.

5.1.11

Bilan sur le Liban

Ces derniers jours au Liban furent instructifs. Embouteillages monstrueux, escapade a Tripoli, discussions politiques plus stériles que jamais…

Le trafic a atteint dans Beyrouth et sa banlieue des niveaux de saturation qui encouragent beaucoup a rester chez eux. Ils sont le symptôme le plus éclatant de la vision court termiste des dirigeants. Il y a trop de voitures sur la route ? Construisons une autoroute (ou ‘autostrade » comme on dit là-bas). L’autostrade est trop encombrée? Elargissons la. Elle est toujours bouchonnée ? Construisons plus d’échangeurs. A chaque fois, l ‘Etat s’endette un peu plus et quelqu’un sans doute se remplit un peu plus les poches. Meme les chauffeurs de taxi excédés reparlent du train et des ses bienfaits. Et moi qui adore les voies ferrées, je rêvais dans  les bouchons de la renaissance de cette ligne ou ce tramway qui remettrait le centre-ville a 10mn des banlieues sans smog ni klaxons.

L’urbanisation sauvage n’en finit pas de faire des dégâts dans les quartiers centraux de Beyrouth et sur une cote submergée de ciment. Pas une seule loi d’urbanisme, pas une seule règle… On laisse des promoteurs construire des barres de béton sur des collines de pins parasols  comme s’ils les avaient récupérées de la Courneuve. Sans compter l’autoroute qui éventre la montagne pour desservir le village d’un politicien mégalomane. Il ne reste plus grand chose de la jolie montagne vantée par la Bible et chérie par les Orientalistes. Il y a une vraie urgence a arrêter ce massacre et il n’est jamais trop tard. Heureusement, quelques vieilles maisons traditionnelles résistent et me remplissent de joie!

Une escapade a Tripoli et vous voilà plongés dans une véritable ville d’Orient avec ses souks, ses mosquées et ses incroyables pâtisseries. Le tout surplombé d'une forteresse croisée, Tripoli a de l’allure et sa réputation de ville radicale, islamiste et sale est injuste. Les gens y sont très amicaux et fiers de leur cité. Ironie, alors que j’habitais a 8 km au nord de Beyrouth et donc a 70 km de Tripoli, je fis le trajet plus rapidement que pour aller dans la capitale!

Le bilan pour moi est que le Liban a cruellement besoin de services et d’un Etat stable qui travaille. Et qu’il n’a pas besoin de discussions politiques, de débats ou de grands slogans nationalistes.  Les querelles confessionnelles, pro- ou anti-syriennes, pro- ou antioccidentales ne sont qu’une drogue administrée a ces gens pour leur faire oublier leur véritables soucis. Comme si les innombrables discours politiques a la radio divertissaient les automobilistes excédés pour les empêcher de se rebeller.

6.7.10

Turquie: Peur ou phobies?

La Turquie d’Erdogan tourne-t-elle le dos à l’Occident ?
On peut le penser après les réactions d’Ankara au drame de la flottille de Gaza, la rhétorique anti-israélienne et le durcissement des relations avec l’Etat Hébreu. On peut l’imaginer parce que le parti d’Erdogan a des sympathies islamistes. On peut le craindre quand on écoute l’opinion publique turque de plus en plus soucieuse de se plonger dans son passé impérial oublié et de se rapprocher des causes islamiques.

Mais en réalité, le parti au pouvoir est plus proche d'une version musulmane d’un parti démocrate-chrétien que d’un Hezbollah aguerri. Istanbul cette année sera la capitale culturelle de l’Europe, la situation des droits de l’homme s’est nettement améliorée sous Erdogan et l’influence des militaires a décru. Le génocide arménien est au moins devenu un sujet de conversation. La Turquie sous bien d’aspects va mieux et se rapproche du modèle qu'on lui souhaite.

Ce n’est peut être pas tant la Turquie qui nous tourne le dos que nous-mêmes qui avons de plus en plus peur de la Turquie. Maintenant que l’Union Européenne s’est de facto diluée en un vaste ensemble d’Etat-Nations hétéroclites avec des langues, des cultures et des niveaux de développement bien disparates, nous n’avons plus de vraie raison d'en exclure ce pays, mises a part des  phobies à peine avouables. Au risque de la précipiter un jour dans les bras de nos ennemis.

20.3.10

De l'intégration made in France ou made in the UK


En tant que Français Londoniens, nous n'en finissons pas de disserter sur les différences culturelles entre la France et l'Angleterre. Une des plus frappantes est la notion de l'intégration - ô combien d'actualité - des immigrés et de leurs enfants.

Pour faire court, en France nous persistons à croire au brassage total. L'étranger est invité a faire de son mieux pour devenir Français. La société encourage le mariage mixte, symbole de l'assimilation. L'école laïque jacobine gomme les différences et pourchasse presque la religion, la langue du bled ou l'accent. L'étranger se francise et la France l'absorbe et s'enrichit. Mais tout étranger qui ne joue pas le jeu et revendique ses origines court le risque d'être exclu, notamment dans le monde de l’entreprise. Le Président de la République lui même recommande la discrétion aux musulmans (dans sa tribune dans le Monde sur les minarets suisses).


Impensable et shocking en Grande-Bretagne ou l'étranger est libre de vivre avec ses coutumes et ses traditions même les plus exotiques. Aucun problème ou presque s'il préfère rester avec les siens dans des quartiers mono-ethniques. Pas de souci pour enseigner l'islam a l'école publique si la population du quartier le demande! Le voile intégral est synonyme de pétrodollars chez Harrods et n’occupe aucune place dans les débats nationaux. Mais la tolérance a des limites. Jamais, au grand jamais, cet étranger ne deviendra Anglais. Il sera au mieux Britannique. Dans le pays ou même les classes sociales n'ont aucun empressement à se mélanger, les mariages mixtes restent anecdotiques ou folkloriques. Les accents posh, cockney, écossais ou irlandais et a fortiori indiens ou moyen-orientaux sont cultivés sans aucune honte. Grand avantage, la couleur de peau et l'origine ne semblent avoir aucune importance dans la sphère professionnelle. En somme, les étrangers sont les amis des locaux au travail et au pub du vendredi mais presque jamais à la maison ou dans la famille.

Idéaliste en France, rêvant d'une assimilation continue mais se heurtant de plein fouet à la crise économique, au racisme latent et aux conflits. Trop pragmatique et désabusée en Angleterre, excluant tout véritable brassage mais moins frustrée puisque moins rêveuse. L'intégration reste un grand dilemme.

9.2.10

Burqage de crane

La loi contre la burqa, si elle est votée, sera forcément mal née.

Elle ne provient pas d’une nécessité ou d’une volonté populaire avérée et urgente. Elle est instiguée, soufflée aux électeurs et savamment markétée: on la fait passer pour un vrai besoin alors qu'elle n'est qu'un leurre. « Mais si, mais si, nous martèle-t-on, on a urgemment besoin d’une loi contre la burqa ». Cela en fait un débat vicié qui vient du haut a l’inverse de celui sur le voile aux Lycées qui est véritablement né dans les établissements et dans les bureaux de proviseurs.


Le titre de cette loi contre la burqa est déjà une erreur dans la mesure où l’habit afghan n’est pas une réalité en France. Là encore, dans des sujets qui par nature portent vite à confusion, on tombe volontairement et les deux pieds joints dans la flaque nauséabonde de l’islamophobie, on joue la carte de l’amalgame sur le terrorisme et les talibans débarquant dans nos banlieues…
 Ce qui rend cette loi inopportune, c’est aussi l’empressement malsain de ses partisans, avec à leur tête l’ambitieux Jean-François Copé finalement bien discret sur les vrais sujets qui nous préoccupent tous, la croissance, l’emploi des jeunes en France ou la réforme des retraites.

Puis encore et toujours, n'a-t-on déjà pas trop de lois en France?

16.12.09

Et si on laissait l'Islam un peu tranquille?

Rarement l'Islam n'a été autant d'actualité. Se bousculent au portillon médiatique, la guerre en Iraq ou en Afghanistan, la loi sur la burqa, les minarets en Suisse et surtout l'invité encombrant de dernière minute, le débat sur l'identité nationale qui - comme son nom ne l'indique pas - a été purement centré sur la question de l'Islam en France.

En tant qu'Oriental, en tant que ressortissant d'un Liban largement musulman, en tant que cousin de musulmans, en tant qu'ami de musulmans, en tant que Français, en tant qu'immigré de première génération, en tant que Chrétien, j'ai envie de demander un moratoire, une halte:
Pourrait-on cesser de s'arquebouter sur ce mono-sujet qu'est l'Islam? Que l'Islam - à l'instar de tant de religions avant lui - traverse une période complexe, tiraillé entre tradition et modernité, entre fanatiques et réformistes, nul ne le nie. Mais il faut avouer que l'engouement actuel des politiciens et des médias pour la question de l'Islam est malsain. Il a un agenda politique et éléctoral indigne. Et il ne fait pas l'intérêt de la majorité des musulmans qui souhaitent vivre leur religion en paix et dans le respect des autres. Il est l'huile jetée sur le brasier des extrémistes, friands de victimisation et d'Occident islamophobe.

A force de parler d'Islam à outrance et comme un problème, on l'empêche peut-être de trouver tout seul, sereinement, les bonnes solutions.

18.5.09

Constantinople en Europe?

L'opposition de principe de M. Sarkozy a l'adhesion de la Turquie a l'Union Europeenne est regrettable.
Certes l'entree d'un pays gouverne par des islamistes (moderes), qui ne reconnait pas le genocide armenien, ni la republique de Chypre et dont les militaires tirent encore les ficelles peu democratiques du pouvoir peut faire peur. L'entree de la Turquie dans l'UE ne devrait pas se faire sans que de nombreux minima democratiques comme le respect des populations kurdes et des droits de l'homme en general ne soient remplis.

En revanche, s'opposer a priori a toute possibilite d'entree des Turcs fait le jeu des extremistes, de ceux qui accusent l'Occident d'islamophobie. Il est bien hypocrite de pretendre que Constantinople ne fait pas partie de l'Europe alors meme qu'on y accepte Chypre a 100 kilometres des cotes Syriennes ou Malte plus proche de l'Afrique que de l'Italie. Le refus de M. Sarkozy - meme s'il s'en defend - provient bien d'un probleme de religion. Il ferait mieux de l'admettre plutot qu'essayer de le deguiser.
De plus seules la France et l'Autriche s'opposent officiellement a cette adhesion alors que 22 pays de l'UE y sont favorables ce qui relegue la France a une position delicate de pays islamophobe. Bien en contradiction avec nos ideaux de laicite.