27.9.24

Violence and Dignity

 Violence and Dignity



Being a member of a party hostile to Israel has become sufficient grounds for assassination. No need to be a militiaman who fires rockets at Galilee, nor to be a high profile chief  in command of a seasoned brigade, it is enough to be a member and to have received a pager to be mutilated or killed.


In our divided and troubled Lebanon, this latest shock is yet another test. After the double explosion at the port, the failure of the State, the war in the South and the ongoing massacre in Palestine, here is a plague of a new kind that has struck the country.


Of course, a large part of the Lebanese is opposed to this State within the State that Hezbollah has become. This radical movement has paralyzed the economy and the management of the country and has seized the power to make war or peace without any regard for its opponents. It even murdered a good number of them.


However, seeing members of this party being cowardly and blindly murdered in a diabolical plot should only lead to one reaction from all Lebanese. We must condemn this new type of violence that only plunges our region further into chaos. Show empathy towards victims by the thousands. And sorry to tell you but rushing as some have done to post anti-Hezbollah diatribes today is not worthy of our grieving nation.


Whatever our deep disagreements, whatever the trials our small country has gone through, I still dare to hope that our compassion and love of the neighbor have not completely abandoned us. Whether we like it or not, these victims are members of our dysfunctional Lebanese family. No matter their religion, no matter their political choices or allegiances! They are our brothers and they grew up here just like us. They have experienced war and occupation like us. When explosives are scattered by the thousands to annihilate them, it is our duty to be at their side and support them. Otherwise, how would we still dare to claim that we are a nation? And why should we be surprised tomorrow when their children still prefer mullahs to our little Republic in tatters?


In French 


Violence et Dignité 


Être membre d’un parti hostile à Israël est devenu un motif suffisant pour être  assassiné. Pas besoin d’être un milicien qui envoie des roquettes  sur la Galilée, ni d’être un cadre aux commandes d’une brigade aguerrie, il suffit d’être membre et dmavoir reçu un bipeur pour être mutilé ou tué. 


Dans notre Liban si divisé et mal au point, ce dernier choc est un test de plus. Après la double explosion du port, la faillite de l’Etat, la guerre dans le Sud et le massacre en cours en Palestine, voici qu’une plaie d’un genre nouveau s’est abattue sur le pays. 


Bien sûr,  une grande partie des Libanais est opposée à cet État dans l’Etat qu’est devenu le Hezbollah. Ce mouvement radical a paralysé l’économie et la gestion du pays et a accaparé le pouvoir de faire la guerre ou la paix sans aucun égard pour ses opposants. Il a même assassiné un bon nombre d’entre eux. 


Cependant, voir des membres de ce parti se faire lâchement et aveuglément assassiner dans un complot diabolique ne devrait conduire qu’à une seule réaction de la part de tous les Libanais. Il nous faut condamner cette violence d’un type nouveau qui ne fait que précipiter notre région encore plus dans le chaos. Montrer de l’empathie envers des victimes par milliers. Et pardon de vous le dire mais s’empresser comme l’ont fait certains de poster des diatribes anti Hezbollah aujourd’hui n’est pas digne de notre nation endeuillée. 


Quelques soient nos profonds désaccords, quelles que soient les épreuves que notre petit pays a traversées, j’ose encore espérer que notre compassion et l’amour du prochain ne nous aient pas totalement abandonnés. Que nous le voulions ou pas, ces victimes sont des membres de notre famille libanaise dysfonctionnelle. Peu importe leur religion, peu importe leurs choix politiques ou leurs allégeances! Ils sont nos frères et nos voisins  et ils ont grandi ici tout comme nous. Ils ont vécu la guerre et l’occupation comme nous. Quand des explosifs sont disséminés par milliers pour les annihiler, c’est notre devoir d’être a leurs côtés et de les soutenir. Dans le cas contraire, comment oserions nous encore prétendre que nous formons une nation? Et pourquoi nous étonnerons nous demain quand leurs enfants préféreront encore des mollahs à notre petite République en lambeaux?

24.7.24

Tante Aida



 Tante Aida


Ma tante était une femme d’une grande bonté. Sa gentillesse exceptionnelle s’étendait à tous, petits, grands, proches mais aussi les étrangers et nouveaux venus.  Même les aide-soignantes arrivées à son chevet les derniers mois avant son départ l’adoraient et la gâtaient. C’est que sa générosité, l’auto dérision qu’elle maniait avec aisance et son sens de l’humour pétillant nous charmaient tous. Le vide qu’elle laisse aujourd’hui dans nos cœurs en est d’autant plus béant. 


Il y avait chez elle cette petite touche d’originalité et d’impertinence si rafraîchissante. Elle se moquait gentiment des conventions et du qu’en dira-t-on, chose bien rare dans nos familles Beyrouthines. Elle était aussi créative et inspirée. Je me rappelle encore ce moment où elle décida avec ses sœurs et proches de fonder une marque du chocolat. Ou son habileté inégalée quand elle ciselait méticuleusement les gourmandises levantines, sambouseks, kebbés et maamouls magnifiques!, avec la patience et l’art de bien faire les choses et surtout, de faire plaisir.  


Je me rappelle aujourd’hui cet été chez elle à la montagne où ma sœur et moi passèrent de si bons moments avec nos cousins. Des images défilent avec son insistance légendaire à nous combler d’attentions, de jus de fruits ou de douceurs. Elle nous réprimandait à peine et savait plutôt comment nous faire regretter nos écarts, sans jamais en faire un drame. Je repense à son sourire si désarmant, et cela  jusqu’aux derniers jours, quand elle me voyait rentrer de voyage où qu’elle essayait de me battre encore à la « Bassra ». Je me console enfin en me disant qu’elle a peut être retrouvé son époux, mon cher parrain, et qu’ils veillent sur nous de la-bas avec la même tendre et constante bienveillance dont ils nous ont comblés toute notre enfance. 


Adieu chère tante Aida, je suis bien triste de ne pas être là pour t’embrasser une dernière fois  dans cette belle église qui nous a vus grandir. Je sais que ton image restera à jamais intacte dans nos cœurs. 

30.5.24

Le narratif est tombé


 Scroll down for English 

Le puissant narratif occidental et israélien sur le conflit en Palestine vit ses derniers jours. Ce mur de justifications favorables à l’Etat d’israël, oblitérant  la cause palestinienne, s’était déjà fissuré ces dernières années. Il est désormais tombé. 


Pourtant, ce narratif était d’une puissance sidérante. Pendant des décennies, même ceux qui sympathisaient avec les Palestiniens et leur destin tragique, s’était laissés convaincre que tout cela était un peu la faute des dirigeants palestiniens et arabes. Qu’ils avaient fait tous les mauvais choix, qu’il auraient dû accepter le partage de leur terre

 en 1948, que la majorité des Palestiniens était partie de son propre gré, et que les Arabes étaient violents, mauvais perdants, ou que les accords d’Oslo avaient échoué à cause du terrorisme. On nous disait non sans condescendance: « Les Palestiniens n’ont jamais raté une opportunité de rater une opportunité ». Et beaucoup y ont cru.


Les médias et les dirigeants occidentaux avaient ainsi mis sous le tapis l’aspect colonial et raciste d’un projet dont l’objectif pourtant ouvert était de déposséder le plus faible pour installer le plus fort avec des justifications d’ordre messianique ou pratique, comme celle de laver les horreurs de l’Holocauste en offrant un État au peuple Juif. 


Certes, tout le monde n’y avait pas cru. Par exemple, le chanteur Renaud chantait seul dans les années 80:

« Où est la Palestine? Sous quelle botte étoilée, derrière quel barbelé, sous quel champ de ruines? (…) Combien de victimes? Combien de milliers d’enfants dans les décombres des camps deviendront combattants? »

Ses paroles, pourtant si clairvoyantes,  étaient inaudibles devant le vacarme du narratif pro-israélien constamment alimenté de biais occidentaux et anti-arabes, ou depuis le 11 septembre 2001, d’islamophobie galopante.


En 2024, huit mois après le début de la guerre à Gaza, il ne reste plus grand chose de cette histoire écrite par des gagnants pour justifier l’injustifiable. Déjà, le refus de la solution à deux États affiché par la droite israélienne depuis les années 90 contrastait avec le mythe du sioniste pacifique constamment menacé  par des hordes d’Arabes assoiffées de sang. Pire encore, la colonisation effrénée des terres palestiniennes occupées a transformé la Cisjordanie  en une ribambelle de bantoustans encerclés par des colonies. Le fait que ces implantations illégales soient  ouvertes aux Juifs du monde entier mais totalement interdites aux indigènes non-Juifs est pour le moins embarrassante pour ceux qui ont toujours dépeint Israël comme une démocratie éclairée. Ce régime d’apartheid est ainsi devenu  un véritable cancer pour Israël, si virulent qu’il ne peut plus s’en défaire. Les images de jeunes colons arrogants, souvent nés en Occident, et venus déposséder les Palestiniens du peu qui leur reste, ont choqué  le monde entier. 


Aujourd’hui, si le Hamas est bien le  mouvement obscurantiste qui n’hésite pas à recourir à des crimes de guerre et attaquer les civils, le monde entier a  aussi enfin découvert que Netanyahu lui même avait ouvertement renforcé cet ennemi pour empêcher toute émergence d’un État Palestinien. Ensuite, une armée israélienne vengeresse a massacré des dizaines de milliers de civils sous des tonnes de bombes dans un génocide couvert par tous les médias, les ONG israéliennes et les réseaux sociaux. Tsahal qui s’auto-proclamait l’armée la plus morale du monde a entassé les déplacés dans des camps et affamé leurs enfants, dans l’espoir ouvertement affiché par plusieurs ministres israéliens de se débarrasser une fois pour toutes des Palestiniens de Gaza. On a brûlé des hôpitaux, tué des volontaires occidentaux, dynamité des universités et détruit les écoles et les mosquées. Le régime  qui prétendait être une démocratie est devenu un paria tout aussi féroce mais autrement plus puissant que le Hamas.


Quand même de l’intérieur d’Israel, médias et ONG dénoncent ces crimes de guerre, quand des Juifs du monde entier manifestent contre  cette vengeance en scandant “not in my name”, quand les dirigeants occidentaux se font huer à chaque discours, on comprend que le puissant narratif occidental pro-israélien est définitivement tombé. Preuve en est, des campements dans les meilleures universités américaines ont vu les élites de demain adopter la cause Palestinienne étouffée si longtemps. La Cour internationale de Justice a suivi le mouvement en émettant des mandats d’arrêt contre les dirigeants israéliens et ceux du Hamas, renvoyés dos à dos pour les horreurs qu’ils commettent. 


En conclusion, et au delà de ce rééquilibrage médiatique, que faire de cet éternel Armageddon du Proche-Orient? Il n’y a jamais vraiment d’autre issue pérenne que les solutions basées sur la justice et les droits de l’homme.  Le droit des Palestiniens à vivre chez eux sans barrages, spoliations et occupation. Le droit des Juifs Israéliens à vivre en sécurité mais sans être supérieurs aux non-Juifs. Pourquoi ces droits seraient-ils si profondément inconciliables? 


IN ENGLISH


The Narrative Has Fallen


The powerful Western and Israeli narrative about the conflict in Palestine is living its last days. This wall of justifications favoring the State of Israel, obliterating the Palestinian cause, had already cracked in recent years. Now, it has liierally fallen apart.


Yet, this narrative was astoundingly powerful. For decades, even those who sympathized with the Palestinians and their tragic fate had been convinced that it was somewhat the fault of the Palestinian and Arab leaders. That they had made all the wrong choices, that they should have accepted the partition of their land in 1948, that the majority of Palestinians left of their own accord, and that the Arabs were violent, sore losers, or that the Oslo Accords failed because of terrorism. We were told, not without condescension: "The Palestinians never missed an opportunity to miss an opportunity." And many believed it.


Western media and leaders had thus swept under the rug the colonial and racist aspect of a project whose open goal was to dispossess the weaker to install the stronger, with messianic or practical justifications, such as washing off the horrors of the Holocaust by offering a state to the Jewish people.


Certainly, not everyone believed it. For example, the (French) singer Renaud sang alone in the 1980s:

"Where is Palestine? Under which star-studded boot, behind which barbed wire, under what field of ruins? (...) How many victims? How many thousands of children in the ruins of refugee camps will become fighters?"

His words, yet so insightful, were inaudible before the clamor of the pro-Israeli narrative constantly revived by Western and anti-Arab biases, or since September 11, 2001, by rampant Islamophobia.


In 2024, eight months after the beginning of the war in Gaza, little remains of this story written by the winners to justify the unjustifiable. Already, the rejection of the two-state solution displayed by the Israeli right since the 1990s contrasted with the myth of the peaceful Zionist constantly threatened by hordes of bloodthirsty Arabs. Worse, the rampant colonization of occupied Palestinian lands has turned the West Bank into a string of bantustans surrounded by settlements. The fact that these illegal settlements are open to Jews worldwide but completely forbidden to non-Jewish natives is at least embarrassing for those who have always depicted Israel as an enlightened democracy. This apartheid regime has thus become a real cancer for Israel, so virulent that it can no longer get rid of it. The images of arrogant young settlers, often born in the West, coming to dispossess the Palestinians of what little they have left, have shocked the entire world.


Today, while Hamas is indeed an obscurantist movement that does not hesitate to commit war crimes and attack civilians, the whole world has also finally discovered that Netanyahu himself had openly strengthened this enemy to prevent the emergence of a Palestinian state. Then, a vengeful Israeli army massacred tens of thousands of civilians under tons of bombs in a genocide covered by all media, Israeli NGOs, and social networks. The IDF, which proclaimed itself the most moral army in the world, packed the displaced into camps and starved their children, openly hoping, as several Israeli ministers have explained, to get rid of the Palestinians in Gaza once and for all. Hospitals were burned, Western volunteers killed, universities dynamited, and schools and mosques destroyed. The regime that claimed to be a democracy has become a pariah just as fierce but way more powerful than Hamas.


When even from within Israel, media and NGOs denounce these war crimes, when Jews worldwide protest against this vengeance shouting "not in my name," when Western leaders are booed at every speech, one understands that the powerful pro-Israeli Western narrative has definitively fallen. Proof of this is seen in the camps at the best American universities, where the elites of tomorrow have adopted the long forgotten Palestinian cause. The International Court of Justice followed suit by issuing arrest warrants against Israeli leaders and those of Hamas, equating them for the horrors they commit.


In conclusion, and beyond this media rebalancing, what to do with this eternal Armageddon of the Middle East? There are never really any other lasting solutions than those based on justice and human rights. The right of Palestinians to live at home without roadblocks, dispossession, and occupation. The right of Israeli Jews to live in security but without being superior to non-Jews. Why should these rights be so deeply irreconcilable?

17.12.23

Une artiste redonne vie à la maison de mes aïeux

 La maison  pittoresque qui vit naître mon grand-père  est cachée dernière notre immeuble familial de la rue Trabaud, à Beyrouth.  Elle a traversé tant d’épreuves, un peu comme ce pays : des éboulements occasionnés par les gratte ciel avoisinants, conçus sans aucun souci d’urbanisme, des obus de la guerre civile qui se sont abattus sans pitié sur ses vieilles tuiles, puis bien sûr, l’explosion fatale du 4 août 2020 qui la rendit inhabitable. Cette petite bicoque du dix-neuvième siècle, modeste vestige d’un  Achrafieh encore bucolique tenait encore debout mais n’était plus que l’ombre d’elle-même, et son jardin suffoquait entre groupes électrogènes et tours de béton. 


Heureusement, notre ville bien-aimée  ne manque jamais de ressources ni d’espoir. Et quand une artiste nous proposa de la restaurer pour la transformer en atelier et y déménager ses activités de Londres à Beyrouth, l’idée nous conquit. Obtenir des permis et réparer une maison centenaire ne fut pas sans embûches dans une ville qui ne fait vraiment aucun cadeau aux amoureux  de maisons anciennes. Mais un charpentier syrien dégourdi, une architecte supportive de la Direction Générale des Antiquités, une entrepreneuse perspicace et la bonne volonté de tous finirent par l’emporter… et voici la vieille maison prête pour une nouvelle vie et à temps pour les fêtes de fin d’année!


Mon arrière grand-père était artisan et y produisait des plats en argent et des icônes. La nouvelle occupante, Syma, est une star de la céramique et elle vous ouvre la maison  dès ce weekend samedi et dimanche, de 15h à 20h, pour le plaisir des yeux (et du shopping de Noël bien sûr). Elle me confiait encore hier à quel point elle était fière de pouvoir rendre à notre quartier natal un peu de son cachet et authenticité.


Syma Ceramics

Rue Trabaud

Achrafieh Beyrouth 







Un grand merci  à

Oussama Kallab 

Jeanine Nahra

Nada Soukarieh

Zeina Choueiri Jalkh

May Choueiri

9.12.23

Gaza



Original en francais (scroll down for English)

Au réveil chaque matin ses images me parviennent 

Elles sont crues, elles sont noires, elles me remplissent de peine

Sa tourmente, son histoire , sa tristesse se font miennes 

Gaza réveille en moi  la cause Palestinienne 


Motaz son journaliste nous guide dans ses ruelles 

Sa caméra foudroie, ses photos sont cruelles 

La nuit dans les décombres en souffrance irréelle 

Gaza plonge dans le noir et les bombes l’écartèlent


Les diplomates trébuchent, les vétos entrent en scène 

Pendant que l’assassin, sans victoire, se déchaîne 

Les otages oubliés, les enfants pleurent et saignent 

Et Gaza ne meurt pas,assiégée mais pérenne 


Le monde entier rejette ce carnage du ciel 

Les foules à l’unisson dénoncent les criminels 

 Juifs, Arabes, Blancs, ou Noirs tous ensemble ils appellent 

Paix pour la Palestine  Gaza et Israël


Mes questions du matin brûlent encore et m’étreignent 

Motaz est il vivant? Combien d’eux  encore tiennent  ?

Les vautours sont repus, leurs escadrons reviennent ? 

Gaza est-elle perdue dans son destin ébène? 


In English 


Gaza


When I wake up at dawn, its images reach me

They are raw, they are dark, and with pain they fill me

Its torment , history, and  sadness become mine

Gaza awakes in me  and pleads for Palestine


Motaz, its journalist, guides me through its alleys

His camera is thunder, his photos injuries 

At night, under rubble, in unreal sufferings

Gaza dives in the dark, and is slain by bombings 


Diplomats run around, vetos enter the scene

While the assassin goes on with his vain killing

The hostages are lost, the children cry and bleed

But Gaza wouldn’t die, eternal while besieged 


The whole world is appalled by this wrath from the sky

Jews, Arabs, white or black altogether they cry

The crowds in unison denounce the criminal

For Peace in Palestine, Gaza, and Israel 


My morning questions burn and hold  me very tight

Has Motaz come home safe? How many have survived?

Are the vultures now  full, or are their squadrons back ?

Is Gaza, forever, lost on its somber track?