17.5.26

Comment sortir le Liban de cette galère ?


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Cette période funeste pour le Liban pourrait nous pousser tous à une prise de conscience. 


Notre pays est plus divisé que jamais. Nous sommes déchirés d’un côté par  un  mouvement pro iranien jusqu’au-boutiste et suicidaire, et de l’autre, par ceux dont les peurs confessionnelles ont rendus  perméables aux chants des sirènes occidentales au point d’oublier qui est leur vrai frère. Entre ceux qui ont cédé leur libre-arbitre aux mollahs de Téhéran et ceux  qui pensent naïvement que Trump va les sauver, toute modération devient trahison, le fossé semble immense. 


Un constat pour tous ceux comme moi qui rejettent la politique du Hezbollah:  Il est affligeant de voir certains d’entre vous se désolidariser de nos frères et compatriotes issus de la communauté chiite. Déshumaniser l’autre ou se ranger du côté d’un ennemi qui dynamite nos écoles, mosquées et monastères  nous enlève vraiment le peu de dignité qu’il nous restait. 


Indépendamment de nos désaccords politiques , nous nous devons d’être un peuple solidaire dans les bonheurs et dans les épreuves. Toute victime libanaise doit être pleurée indépendamment de son parti et de son obédience. Oui, le jeune qui ose se battre au péril de sa vie contre un ennemi  dont la cruauté destructrice est dénoncée mondialement mérite encore notre respect même si nous sommes contre cette guerre et contre la politique du Hezbollah. 


Au contraire, pour en finir avec la logique milicienne, nous ferions mieux de  couper l’herbe sous le pied de ceux qui essayent de nous séparer de notre communauté chiite. L’amour entre les Libanais est la seule voie pour sauver ce pays! Nos dirigeants Joseph Aoun et Nawaf Salam ont la légitimité suffisante  pour  renverser la table actuelle et proposer un changement du pacte national pour inviter la communauté chiite à réintégrer pleinement cet État duquel elle à moitié divorcé. Le jour où on acceptera que la présidence de la république devienne tournante entre les trois communautés majoritaires, le jour où on imaginera un président du conseil sunnite puis chiite puis maronite à tour de rôle, en échange d’un désarmement de toutes les milices non étatiques, nous aurons enlevé l’argument principal de l’Iran pour manipuler nos compatriotes et les arrimer à son agenda suicidaire et impérialiste.  Imaginez quelqu’un comme Ali Mourad président de la république en 2030, quel mal y aurait t’il à cela? Sans les nommer, lui préférera-t-on encore, par peur inepte et confessionnelle, certains de ceux qu’on a installés à Baabda ces dernières décennies, avec les tristes résultats qu’on connaît ? 

 

Simultanément, le gouvernement devrait réouvrir les canaux diplomatiques avec toutes les parties, y compris l’Iran. Un Liban neutre est un État qui compose avec tous. USA, France, Iran, Syrie, Russie, Chine, Arabie… Si on prétend même vouloir parler à Netanyahu, un odieux criminel de guerre, pour sauver le pays, on doit aussi en même temps parler à Khamenei. Créer un équilibre en notre faveur plutôt qu’être tour à tour la marionnette impuissante des uns, puis celle des autres. Une tâche ardue mais indispensable. 


ENFLISH


How to get Lebanon out of this mess? 


This tragic period for Lebanon could lead us all to a moment of reckoning.


Our country is more divided than ever. We are torn apart on one side by a die-hard, suicidal pro-Iranian movement, and on the other, by those whose sectarian fears have made them susceptible to Western siren songs, to the point of forgetting who their true brother is. Between those who have surrendered their free will to the mullahs of Tehran and those who naively believe that Trump will save them, any moderation becomes treason; the divide seems immense.


A point for all those like me who reject Hezbollah's policies: it is distressing to see some of us disassociating ourselves from our brothers and compatriots from the Shiite community. Dehumanizing others or siding with an enemy that is destroying our schools, mosques, and monasteries truly strips us of what little dignity we had left.


Regardless of our political disagreements, we must stand together as a united people in times of joy and hardship. Every Lebanese victim deserves to be mourned, regardless of their party affiliation or allegiance. Yes, the young person who dares to fight at the risk of their life against an enemy whose destructive cruelty is condemned worldwide still deserves our respect, even if we oppose this war and Hezbollah's policies.


On the contrary, to put an end to this militia mentality, we would do better to thwart those who are trying to separate us from our Shiite community. Love among the Lebanese is the only way to save this country! Our leaders, Joseph Aoun and Nawaf Salam, have sufficient legitimacy to overturn the current order and propose a change to the national pact, inviting the Shiite community to fully reintegrate into this state from which it has been partially divorced. The day we accept that the presidency of the Republic should rotate among the three majority communities, the day we envision a Sunni, then Shiite, then Maronite Prime Minister in turn, in exchange for the disarmament of all non-state militias, we will have removed Iran's main argument for manipulating our compatriots and binding them to its suicidal and imperialist agenda. Imagine someone like Ali Murad as President of the Republic in 2030—what harm would there be in that? Without naming names, will we still prefer, out of inept and sectarian fear, some of those installed in Baabda in recent decades, with the dismal results we know all too well?


Simultaneously, the government should reopen diplomatic channels with all parties, including Iran. A neutral Lebanon is a state that engages with everyone. The United States, France, Iran, Syria, Russia, China, Saudi Arabia… If we even claim to want to talk to Netanyahu, a heinous war criminal, to save the country, we must also talk to Khamenei at the same time. We must create a balance in our favor rather than being, in turn, the powerless puppet of one side and then the other. A difficult but essential task.