31.5.10

Vents de Belgique

Trois pensées pour la Belgique en cette semaine de vacances.

Des moniteurs flamands du Club Med nous ont accueilli chaleureusement. Leur français est impeccable. Je leur parle de Belgique, on s'inquiète des mauvaises nouvelles du Royaume bilingue en danger. Ils sourient et ils disent que c'est grave, ils sont le symbole meme que cette querelle linguistique est inopportune.

J'en parle alors avec un ami Anglais rencontré pendant ce séjour. Il y voit tout comme moi de graves signes de faiblesse pour l'Europe. « La solidité des choses ne se révèle vraiment que dans les moments difficiles », me dit-il. Les tourments Bruxellois tout comme les convulsions de l'euro en sont la preuve. Les rêves continentaux de fraternité supranationale et d’union économique s’en prennent un coup en temps de crise et il a malheureusement raison.

Et finalement je chante hier soir en guise de berceuse à mes enfants "le plat pays" avec naturellement un peu de mélancolie et peut-être un soupçon d’inquiétude. Je souhaite pour Jacques Brel que cela s'arrête et que les mauvais vents nationalistes soient vite exorcisés de Flandre.

Marrakech

Marrakech a de l'allure
Avec sa luxuriante nature
Elle arbore ses rouges murs
Face au désert comme une armure


J'aime son vrai ciel bleu azur
A peine voilé qu'il se fissure
Laissant soleil en luxure
S’en emparer en démesure

Torpeur des sens, des cultures
Dans ses palais pour Epicure
Ses mosquées pour tessiture
En font un havre de sinécure

19.5.10

Souvenir Souvenir

Un professeur de mon école à Beyrouth nous disait : « Je ne me sentirai pauvre que lorsque, meme en privant, je n’aurai plus rien à donner ». C'est vrai que la plus grande misère est peut-être celle que ressent l’homme qui ne peut plus aider personne. Relégué au ban de l'échelle, il ne peut plus tendre la main car il ne voit personne en dessous de lui qui en ait besoin. Inversement, heureux celui qui croyait avoir tout perdu mais qui soudain prend conscience que certains ont encore besoin de son assistance. Se retrouver dans une situation ou il faut aider autrui redonne un sens à la vie des plus démunis.

Au delà de ces belles réminiscences, je concède que le plan d'aide à la Grèce ne semble hélas pas apporter beaucoup de satisfaction à nos sociétés egocentriques et obnubilées par leur bien-être financier. Il apporte inquiétude et doute sur le continent et une belle dose d’ironie eurosceptique outre-Manche.

16.5.10

Tintin et Jack Bauer

Une soirée et deux héros.

Le premier est Tintin. Nous le dégustons en vidéo avec mes enfants avant le diner. Grand moment de "bonding", ils adorent et moi encore plus qu'eux. Ils ne tarissent pas d'éloges pour le héros a la houppette, il est fort, il est intelligent, il est bon, il est juste... C'est vrai, il y a voire de l'émotion dans sa voix animée quand il découvre le paysage lunaire et y joue le Neil Armstrong belge. En bref, quel régal!

Ensuite, après quelques spaghettis à la sauce tomate qui les remplissent tout autant de bonheur, les voila couchés et je suis enfin prêt à savourer le dernier épisode de 24. Jack Bauer lui, a maintenant totalement dérapé. Après une exécution sommaire, le voila qui essaye de dénicher une carte SIM dans les boyaux de sa victime russe à peine torturée sauvagement. La mise à mort du manichéisme certes mais c’est un peu plus indigeste quand meme. Les héros ont bien changé depuis Hergé.

12.5.10

Discours de circonstance


Deux discours en deux jours.

Le premier est celui de David Cameron hier qui prend possession du célèbre numéro 10. Ce bâtiment si mythique mais si modeste, tellement British, l’arrogance et la puissance enrobées dans la plus banale des maisons en briques. Le leader conservateur – soit dit en passant que j’avais prédit qu’il  gagnerait – semble mal à l’aise, aussi heureux d’être là que soucieux de ce qui va suivre. Le parlement « suspendu » comme ils disent - que j’avoue avoir cru évitable - lui fait peur tout comme il fait grincer des dents l’Angleterre entière. Apres un remerciement glacial à l’équipe sortante et une série répétitive de poncifs sur le travail, la responsabilité et la solidarité, une phrase se dégage et me laisse perplexe : J’aime ce pays et je crois que le meilleur est encore là venir. Espoir naïf du plus jeune premier ministre que le Royaume-Uni ait connu depuis 200 ans ou antiphrase dissimulant un bien plus triste pronostic?

Mais ce matin, dans le jardin ensoleillé, le premier duo Cameron-Clegg devant un partenaire de journalistes semble plus prometteur. Là encore, on nous sert des banalités, on nous parle d’un gouvernement fort et stable (sic). Cette justification ne fait que mettre d’autant plus en évidence le mal inhérent a cette cohabitation de la carpe et du lapin. Mais à la différence d’hier, l’humour britannique finit par l’emporter. Un journaliste impertinent demande à Cameron s’il regrette d’avoir dit par le passé que sa meilleure blague était Nick Clegg en personne. Le Tory sourit (pour la première fois depuis 24 heures ?) et s’en sort par une pirouette. Nick Clegg se déride et fait mine de quitter la scène puis revient. Tout le monde rit. L’Angleterre s’installe sur une table bancale mais le repas est quand meme servi. Et dans les règles.