Que penser de Tony Blair?
Charismatique, oui. Intelligent, certes. Brillant, sans doute.
Il comparait aujourd’hui hui dans le cadre de la commission Chilcot chargée de tirer les leçons de la guerre en Iraq. Il va surement s’en sortir par une savante pirouette verbale, un peu de mauvaise foi et une touche d’empathie. Mais il ne faut pas oublier qu’en 2003, il avait envoyé les troupes britanniques pourchasser des armes chimiques inventées malgré la plus grosse manifestation anti-guerre de l’histoire du Royaume-Uni.
Il ne faut pas omettre comment il a cédé à la folie guerrière d’un George W Bush et au diktat du complexe militaro-industriel…
Plus que jamais maintenant, l’Occident reconnait l’immoralité de cette guerre, son apport nul, voire négatif a la lutte contre le terrorisme et son intention falsifiée de combattre la dictature et la répression alors qu’on les laisse s’épancher sans un mot en Chine, en Afrique et ailleurs.
100 000 morts en Iraq auraient peut-être pu être évitées. 100 000 familles endeuillées. Cela restera pour moi le chiffre le plus parlant pour décrire l’héritage de Tony Blair, bien avant son talent politique ou son cruel et efficace pragmatisme.
29.1.10
Blair vicié
28.1.10
Liban: alerte à l'incivisme
C'est l'endroit ou on se targue d'avoir les meilleures universités de la région, c'est une ville ou - à l'inverse d'un Moyen-Orient obscurantiste - foisonnent journaux, maisons d'édition, théâtres, festivals et expositions. Ce sont des rues ou les jeunes se retrouvent dans d'innombrables cafés, restaurants, boites de nuit et parlent deux à trois langues presque comme dans une métropole européenne. C'est la cité des mosquées serrées contre les églises et ou la synagogue est restaurée...
C'est aussi le pays qui n'en finit plus de perdre son héritage. C'est là qu’on démolit sans aucun état d'ame de beaux palais du XIXeme pour les remplacer en tours hideuses. Ce sont ces promoteurs qui renoncent volontiers à un toit en tuile rouge, à des arcades aux allures italiennes pour nous fabriquer vite et mal un Dubaï version anarchique ou règnent sans partage les bulldozers et les centres commerciaux. C'est bien la ville ou le moindres lois d'urbanisme sont mises à mort, ou les parcs sont anecdotiques, ou respecter un feu rouge reste un acte farfelu et ou la voie ferrée a été remplacée par une route goudronnée (c'est difficile à croire mais vrai!). Ce sont les bars enfumés ou parler de loi anti-tabac me fait passer pour un idiot.
A chacun de mes passages nostalgiques a Beyrouth, je me demande: Quand les Libanais commenceront-ils à se soucier de civisme et d'Etat? N'est-il pas grand temps de renoncer à ce grand mythe irresponsable du phénix qui se détruit et se renouvelle, avant que le ciment ne remplace le dernier cèdre?
24.1.10
Les records d'Avatar
Le record des effets spéciaux bien sûr, innombrables et sophistiqués sans qu'ils ne soient en tout cas pour moi le seul intérêt du spectacle.
Le record du manichéisme tant l'Homme est dépeint dans sa plus vénale et cruelle nature contre le grand indigène extra-terrestre, loyal, fort, pur et épris de spiritualité.
Le record de l'écologisme par sa vision fantasmée d'une Nature qui à la fois effraie, materne et nourrit l'homme dans une harmonie utopique.
Le record de l'antimilitarisme, par l'horreur qu'y inspirent les machines à tuer pilotées par des Rambos assoiffés de violence...
Les thèmes sont d'actualité, l'image surprenante, l'action soutenue. Avec une histoire d’amour entre races pour nous attendrir. L'alchimie du cinéma américain est passée à une vitesse supérieure, à ne pas rater.
23.1.10
Diner de star
Julia est très belle, elle semble heureuse. Son mythique sourire est au rendez-vous. Daniel est prévenant, amoureux, sympathique... on se demande un peu ce que ca doit faire d'être l'homme de l'ombre, dans le sillage d'une star.Elle est comme dans les films, rayonnante, spontanée. Elle feint d'être presque "overwhelmed" comme si c'était la première fois qu'on l'ovationnait. Pas comme ces célébrités qu'on adule sur les écrans et qui nous déçoivent dans la vraie vie. Elle est vraiment la meme que dans Pretty Woman et du coup, grâce a elle, nous nous sentons, l'espace d'un diner, un peu comme des figurants sur un plateau de tournage a Hollywood.
Charmeuse pour nous éblouir mais suffisamment inaccessible pour maintenir la magie... Julia Roberts est une vraie star!
http://www.wwd.com/beauty-industry-news/julia-roberts-on-beauty-and-more-2423463
http://www.wwd.com/beauty-industry-news/julia-roberts-on-beauty-and-more-2423463
14.1.10
Pause pour Haiti

C’est un siècle ou les inégalités se creusent. Le siècle des nouveaux riches, de plus en plus fortunés et aussi celui des pauvres, de plus en plus démunis.
Dans les peuples qui courent vers les sommets, on voit en tête du peloton, les riches Chinois, les mafieux, les pétroleux, les financiers, les Occidentaux chanceux. Et chez ceux qui dévalent la pente, se bousculent au plus bas, les laissés pour compte, les Yéménites, les Somaliens, les Vénézuéliens, les Palestiniens et Congolais, tous ces peuples qui n’en finissent pas de se faire la guerre. Les deux groupes s’éloignent l’une de l’autre et se regardent rarement.
Pourtant, parfois, la double-course marque une pause. Avant-hier, la terre a tremblé dans les Caraïbes terrassant une des familles qui courait vers le bas, aggravant le malheur de ceux qui croyaient déjà avoir tout perdu. Tout le monde alors s'arrete et reprend son souffle. L'humanité se rassemble sur la toile et sur les ondes, on compte les morts et devant l’ampleur du désastre, les riches parlent soudain d’entraide et de solidarité.
Jusqu'à ce que les reportages s’arrêtent, que les photos poignantes se tarissent, que les bloggeurs se déconnectent et que les chaines de télévision se lassent de Haiti. Chacun reprendra alors sa place et sa course effrénée, les uns vers des sommets chimériques de la richesse sans y trouver aucun bonheur, les autres abandonnés, dégringolant de plus belle dans des abimes de sous-développement.
Jusqu'à ce que les reportages s’arrêtent, que les photos poignantes se tarissent, que les bloggeurs se déconnectent et que les chaines de télévision se lassent de Haiti. Chacun reprendra alors sa place et sa course effrénée, les uns vers des sommets chimériques de la richesse sans y trouver aucun bonheur, les autres abandonnés, dégringolant de plus belle dans des abimes de sous-développement.
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