10.7.11

Gaza ou l'injustice internationale

On n'en finit pas de parler de Gaza sans que rien n'y change pour la population de cette bande de pauvreté, d'extrémismes et d'oppression.

Des flotilles dérisoires se lancent à l'assaut de ce ghetto à ciel ouvert et calent dans des ports grecs sous l'influence de la machine diplomatique americaine et likoudienne. Le Hamas corrompu et dément sert d'épouvantail bien commode à la droite israélienne qui à force de propagande a fini par se convaincre elle-même (comme dans un retournement de l'espace-temps!) que c'est en fait le Hamas qui est à l'origine de tous les malheurs des Palestiniens, de la Naqba au blocus en passant par l'occupation et non le contraire, et qu'Israël n'a réagi de tout temps que pour se défendre contre de méchants terroristes enturbannés.

Tout cela sous le regard bovin de l'Amérique plus que jamais léthargique sur le sujet trop épineux du Proche-Orient. Triste spectacle d'une région à la dérive, bousculée par les vents prometteurs de révoltes mais accablée par le poids de l'injustice internationale contre le peuple palestinien.

2.7.11

DSK suite

Quand j'ai appris ce soir qu'une impensable lueur d'espoir se profilait dans le ciel New-Yorkais noir de suspicion autour de l'affaire DSK je me suis étonné à aller d'abord relire ma pensée du jour de son arrestation. L'avais-je enterré trop vite ou avais-je choisi la modération? Ces posts de blog qui immortalisent une réaction parfois intempestive pourraient bien se retourner contre moi!

Soulagement de relire mes propres lignes. Suspicieux, je l'étais bien mais j'avais au moins espéré (sans trop y croire) qu'il puisse ètre innocent. Pas tant pour DSK que pour la France, son image et celle de ses élites... Bon, je ne m'en sors pas trop mal mais j'ai eu chaud. J'étais quand même prêt à jeter la pierre. Et du coup, je pense éberlué à cette femme qui, paraît-il, aurait tout inventé. Si sa fourberie était avérée, c'est à elle qu'on aurait envie de jeter la pierre. Non seulement pour sa malhonnêteté mais aussi au nom des vraies victimes de viol, celles dont la vie est détruite par l'agression mais qui peinent à obtenir justice justement parce que des menteuses les discréditent, salissent leur souffrance et incitent le monde à mettre en doute leur parole.

22.6.11

Dîner dans le Noir

Drôle d'expérience que ce diner dans le noir total. Et pas seulement parce que vous vivez quelques moments de la vie d'un aveugle et que vous goûtez brièvement à son quotidien. L'absence de lumière et de couleur laisse naître des émotions contradictoires. L'inquiétude qui s'empare de vous est au départ immense mais les serveurs complaisants la modèrent et vous rassurent.

Comme il s'agit de manger, ce n'est pas sans une certaine animalité que vous vous retrouveze face à une assiette dont le contenu vous échappe. Peu importe, personne ne vous voit y mettre la main discrètement pour vérifier que l'assiette est vide. Je pensais que l'odorat m'aiderait bien pour deviner ce qui est servi, décarcassé du carcan de la vision, mais même dans le noir, sa faiblesse est patente. Le bon sens et l'instinct eux prévalent, on trouve des moyens, on remplit les verres en y mettant un doigt, on tâtonne maladroitement. La conversation dénoue la tension. La serveuse aveugle mène le bal et nous raconte qu'elle chante dans une chorale. On nous dit que ceux qui voient parlent naturellement beaucoup trop fort quand ils sont dans le noir.

Puis lorsqu'on vous appelle pour vous dire que c'est fini, il y a curieusement -en tout cas pour moi- une surprenante sensation de regret, ce "comment? c'est déjà la fin?" inattendu et qui vous dit bien qu'on s'habitue bel et bien a tout! Et l'aimable Sarah qui nous recommande de ne pas regarder la lumière directement, se méfier du crépuscule et nous protéger les yeux. Elle dont les yeux sont muets, je l'embrasse pour la remercier. A faire au moins une seule fois.

16.6.11

Impuissants pour la Syrie

Des milliers de réfugiés aux frontières turques ou libanaises, des villages entiers jetés en prison, des soldats qui se rebellent, la Syrie est véritablement entrée en ébullition.

Cette révolte au départ timide, qu'on croyait vouée à se décourager face à une machine de guerre impitoyable, cette vague de colère née ça et là dans des campagnes méconnues, la voilà qui gronde sans arrêt, la voilà qui pousse partout dans les villes et qui s'épanche malgré la peur, les dangers et la terreur officielle orchestrée par un régime aux abois. Que peut-on faire pour ces Syriens qu'on assassine impunément? Militer pour une intervention militaire? Le bourbier Libyen semble vouloir nous en dissuader sans compter les nombreux dangers qu'une nouvelle aventure militaire pourrait engendrer: guerre au Liban, flambée israélo-arabe ou autre artifice de diversion dont le Baas Syrien est spécialiste.

Mais comment aider ces gens, les soutenir dans ce combat si juste? Prier pour la Syrie? Est-ce suffisant?

15.6.11

Il faut reconnaître la Palestine

En septembre à l'ONU, se posera la question de la reconnaissance d'un Etat Palestinien sur les frontières de 1967. J'espère que de nombreux pays et notamment les puissances Occidentales accepteront de faire ce geste historique en faveur des droits des Palestiniens à disposer de leur terre.

En 1948, dans des circonstances différentes mais avec plusieurs similarités, l'ONU avait voté la création de deux Etats, l'un Juif, l'autre Arabe. Les Occidentaux trop pressés de résoudre le bourbier Palestinien et panser, autant que faire se peut, les plaies encore béantes de l'Holocauste y ont vu une solution miracle. Les Palestiniens, erreur historique, l'avaient rejeté en bloc tant ils ne pouvaient imaginer que leurs terres, leurs villages, leurs villes soient perdues à jamais au bénéfice de colons et de réfugiés venus d'Europe à l'instigation de la puissance coloniale britannique. Ils ne s'en sont jamais remis.

Aujourd'hui, la situation semble inversée. Les victimes sont moins les Juifs que les Palestiniens et un consensus mondial se fait autour de la nécessité de créer un Etat en Cisjordanie et à Gaza (avec échange de quelques terres colonisées contre des lambeaux de désert...), et cela en échange d'une paix et d'une reconnaissance d'Israël. Les pays Arabes s'y sont aussi résolus dès 2002 et c'est seul  Israël qui maintenant s'entête (notamment la Droite au pouvoir). Ayant occupé illegalement ces territoires pendant si longtemps, ils s'imaginent les posséder nonobstant une réalité démographique et humanitaire évidente. Erreur tout aussi grave que celles des Palestiniens en 1948?

C'est pour cette raison qu'il est urgent que l'Occident donne aux Palestiniens modérés une raison de croire en leur choix pour la non violence et la construction d'un Etat. Certes l'Autorité Palestinienne est imparfaite mais elle a le mérite d'exister dans des conditions épouvantables et humiliantes faites de blocus et de barrages. Certes ce sera surtout un symbole et la réalité militaire sera inchangée sur le terrain mais c'est un symbole très fort. Il ne faut pas oublier que les émotions jouent dans ce conflit un rôle énorme. La moindre humiliation y entraîne des guerres meurtrières mais une main tendue peut calmer les esprits les plus belliqueux. Espérons que M. Obama et ses alliés osent s'y aventurer. Il n'y a en fin de compte pas grand chose à y perdre à part sans doute une nouvelle crise de nerfs de M. Netanyahu...