Le spectre de l’antagonisme islamo-chrétien et islamo-occidental a inauguré 2011 avec l’attentat d’Alexandrie tout comme il avait dominé le début de siècle avec le 11 septembre 2001.
En ces jours, nos titres de journaux raffolent plus que jamais de cette guerre souvent larvée ou parfois déclarée et qui s’étend d’Afghanistan en Iraq en passant par la Palestine et qui termine de façon malsaine et inquiétante aux portes même de nos villes européennes, dans nos HLM malades de chomage, dans des cantons suisses réactionnaires et dans les discours haineux des extrême-droites européennes. Selon Le Monde, l’islamophobie s’étend même dans les élites occidentales alors qu’elle était auparavant confinée aux xénophobes et aux néo-nazis. Symétriquement, la haine de l’Occident se propage dans les classes moyennes musulmanes, lassées d’être montrées du doigt et accusées le plus souvent injustement de tous les maux du siècle. Sans oublier la consternation que les musulmans ressentent devant l’abcès de fixation que représentent la misère du peuple palestinien et l’impunité d’Israël.
Je me surprends à espérer que 2011 puisse être une année de mobilisation de tous les esprits de bonne volonté qui croient encore que cette guerre de civilisation ultra-prophétisée et médiatisée peut être évitée. Plutôt que jouer les Cassandre et se complaire dans le renfermement sur soi, pourquoi ne nous ressaisissons pas des droits de l’homme comme règle de base universellement valable et qui – contrairement a ce que disent les pessimistes – n’a jamais été autant reconnue et appliquée. Jamais les civilisations ne se sont autant mélangées, jamais nos villes et ne modes de vie ne se sont autant ressemblés, jamais nous n’avons autant communiqué, chatté et échangé. C’est justement quand le tableau parait le plus noir qu’il est urgent de tendre la main et de rêver. Rever qu'il peut y avoir davantage de jeunes comme ce Tarek Bestandji qui temoignait dans Le Monde de son experience reussie de la ZEP à Sciences-Po. Rêver que le futur est forcément dans l'ouverture, rêver d’une chute de Netanyahu et de Lieberman, rêver d’une relance de l’économie française et d’une baisse du chômage (avec un effet immédiat sur l’intégration des musulmans), rêver d’un apaisement en Iraq et d’un départ des troupes américaines… Finalement le plus grand courage est de croire encore à ces valeurs et à leur actualité et ne pas céder aux sirènes de la méfiance.
7.1.11
Islam et Occident: Rever encore pour 2011
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5.1.11
Bilan sur le Liban
Ces derniers jours au Liban furent
instructifs. Embouteillages monstrueux, escapade a Tripoli, discussions
politiques plus stériles que jamais…
Une escapade a Tripoli et vous voilà plongés
dans une véritable ville d’Orient avec ses souks, ses mosquées et ses
incroyables pâtisseries. Le tout surplombé d'une forteresse croisée,
Tripoli a de l’allure et sa réputation de ville radicale, islamiste et sale est
injuste. Les gens y sont très amicaux et fiers de leur cité. Ironie, alors que
j’habitais a 8 km au nord de Beyrouth et donc a 70 km de Tripoli, je fis le
trajet plus rapidement que pour aller dans la capitale!
Le trafic a atteint dans Beyrouth et sa
banlieue des niveaux de saturation qui encouragent beaucoup a rester chez eux.
Ils sont le symptôme le plus éclatant de la vision court termiste des
dirigeants. Il y a trop de voitures sur la route ? Construisons une
autoroute (ou ‘autostrade » comme on dit là-bas). L’autostrade est trop encombrée?
Elargissons la. Elle est toujours bouchonnée ? Construisons plus d’échangeurs.
A chaque fois, l ‘Etat s’endette un peu plus et quelqu’un sans doute se
remplit un peu plus les poches. Meme les chauffeurs de taxi excédés reparlent
du train et des ses bienfaits. Et moi qui adore les voies ferrées, je rêvais
dans les bouchons de la
renaissance de cette ligne ou ce tramway qui remettrait le centre-ville a 10mn des banlieues
sans smog ni klaxons.
L’urbanisation sauvage n’en finit pas de faire
des dégâts dans les quartiers centraux de Beyrouth et sur une cote submergée de
ciment. Pas une seule loi d’urbanisme, pas une seule règle… On laisse des
promoteurs construire des barres de béton sur des collines de pins parasols comme s’ils les avaient récupérées de
la Courneuve. Sans compter l’autoroute qui éventre la montagne pour desservir
le village d’un politicien mégalomane. Il ne reste plus grand chose de la jolie
montagne vantée par la Bible et chérie par les Orientalistes. Il y a une vraie
urgence a arrêter ce massacre et il n’est jamais trop tard. Heureusement, quelques vieilles maisons traditionnelles résistent et me remplissent de joie!
Une escapade a Tripoli et vous voilà plongés
dans une véritable ville d’Orient avec ses souks, ses mosquées et ses
incroyables pâtisseries. Le tout surplombé d'une forteresse croisée,
Tripoli a de l’allure et sa réputation de ville radicale, islamiste et sale est
injuste. Les gens y sont très amicaux et fiers de leur cité. Ironie, alors que
j’habitais a 8 km au nord de Beyrouth et donc a 70 km de Tripoli, je fis le
trajet plus rapidement que pour aller dans la capitale!
Le bilan pour moi est que le Liban a cruellement
besoin de services et d’un Etat stable qui travaille. Et qu’il n’a pas besoin
de discussions politiques, de débats ou de grands slogans nationalistes. Les querelles confessionnelles, pro- ou
anti-syriennes, pro- ou antioccidentales ne sont qu’une drogue administrée a
ces gens pour leur faire oublier leur véritables soucis. Comme si les innombrables discours
politiques a la radio divertissaient les automobilistes excédés pour les empêcher de se rebeller.
23.12.10
Hiver et decadence
Apres mon periple de l’hiver 2009 ou je finis par rejoindre Paris de Londres via Douvres et Calais, je m’etais jure de ne plus vous raconter de voyages transeuropeens sur cette page. Je ne faillirai pas a ce serment meme si ces quatre derniers jours faits de voyage en train entre Milan et Londres (sic) puis deux journees d’attente a Heathrow m’auraient bien inspires.
Je voulais plutot commenter sur la debacle mediatisee de ces entreprises para-publiques comme Aeroports de Paris, BAA en Grande-Bretagne ou Eurostar qui pour le troisieme hiver froid en Europe n’ont toujours pas reussi a mettre en place la moindre des technologies, infrastructures ou processus que nos cousins canadiens ou scandinaves utilisent chaque annee sans encombre pour ne pas se laisser paralyser par la neige.
Mais les insuffisances hivernales sont trop generalisees en Europe Occidentale pour etre attribuees a un individu ou a une entreprise en particulier et laissent a penser qu’elle sont le symptome d’un mal bien plus profond, celui d’une Europe plus vieille, moins reactive, moins dynamique, incapable de s'adapter a une nouvelle donne climatique. A ce propos, simultanement, les Italiens manifestent contre la reforme de leur education sclerosee, les Espagnols protestent contre la refonte de leurs retraites, l’Allemagne se laisse tenter par le protectionnisme monetaire et la France par la xenophobie. Comme si le foid venu et la recession aussi, la decadence insidueuse et rampante de la vieille Europe pouvait se voir davantage tel un veilliard rhumatique qui souffre beacoup plus en hiver.
Je voulais plutot commenter sur la debacle mediatisee de ces entreprises para-publiques comme Aeroports de Paris, BAA en Grande-Bretagne ou Eurostar qui pour le troisieme hiver froid en Europe n’ont toujours pas reussi a mettre en place la moindre des technologies, infrastructures ou processus que nos cousins canadiens ou scandinaves utilisent chaque annee sans encombre pour ne pas se laisser paralyser par la neige.
Mais les insuffisances hivernales sont trop generalisees en Europe Occidentale pour etre attribuees a un individu ou a une entreprise en particulier et laissent a penser qu’elle sont le symptome d’un mal bien plus profond, celui d’une Europe plus vieille, moins reactive, moins dynamique, incapable de s'adapter a une nouvelle donne climatique. A ce propos, simultanement, les Italiens manifestent contre la reforme de leur education sclerosee, les Espagnols protestent contre la refonte de leurs retraites, l’Allemagne se laisse tenter par le protectionnisme monetaire et la France par la xenophobie. Comme si le foid venu et la recession aussi, la decadence insidueuse et rampante de la vieille Europe pouvait se voir davantage tel un veilliard rhumatique qui souffre beacoup plus en hiver.
5.12.10
TSL: La justice avant les boeufs
Le Tribunal spécial pour le Liban chargé d’enquêter
sur l’assassinat du premier ministre en 2005 devrait publier des actes d’accusation
d’ici la fin de l’année dans une ambiance ultra-tendue à Beyrouth. De
nombreuses fuites pointent du doigt le Hezbollah et l’attitude agressive de ce
parti ne pousse pas à amoindrir ces doutes. Le Tribunal est déjà taxé de
complot israélien et ceux qui l’aident menacés ouvertement des pires sévices…
Quelque soit l’aboutissement de cette enquête,
et quoiqu’on puisse penser de l’implication du Hezbollah, tout cela nous
rappelle que justice ne peut être rendue correctement que lorsque tous les citoyens sont égaux
devant cette justice et quand l’Etat de droit est garanti. Or ce n’est par définition
pas le cas a Beyrouth dans la mesure ou le Hezbollah est armé jusqu’au dents et le gouvernement en état de léthargie
profonde. En Ex-Yougoslavie, on a attendu la paix pour juger les Milosevic et
les Karadzic. Je me dis qu’on devrait ajourner ce tribunal jusqu'à ce que la
justice puisse régner librement et en sécurité a Beyrouth.
28.11.10
Questions sans réponses
"Je n’ai pas entendu votre réponse Claire Chazal ?"
Petit sourire moqueur, presque sadique. Sarkozy achève sa proie.
Petit sourire moqueur, presque sadique. Sarkozy achève sa proie.
Ceux qui ont regardé l'interview en one-man-show de Nicolas Sarkozy auront été comme moi déroutés par son inclination à poser lui meme les questions aux journalistes et les malmener sans ambage. Derrière nos écrans, on avait envie de rétorquer à la place de Claire Chazal ou de David Pujadas : « Mais ce n’est pas moi qu’on interviewe Monsieur le Président » ou alors, « Les Français veulent savoir ce que vous pensez et non pas ce que je pense ».
Peine perdue, Sarkozy a triomphé des moindres difficultés, bottant en touche toute question indisposante notamment sur les bavures sur les Roms ou autres affaires gênantes d’ordinateurs volés avec une mauvaise foi impressionnante. A la décharge des journalistes impuissants, on imagine l’ampleur de l’intimidation dans cette interview orchestrée, préformatée et qui évite au président toute surprise ou tout vrai risque, à l’inverse d’une conférence de presse classique. Apres tout, des journalistes auraient perdu leur job par le passé pour avoir fauté dans cette dangereuse arène.
Peine perdue, Sarkozy a triomphé des moindres difficultés, bottant en touche toute question indisposante notamment sur les bavures sur les Roms ou autres affaires gênantes d’ordinateurs volés avec une mauvaise foi impressionnante. A la décharge des journalistes impuissants, on imagine l’ampleur de l’intimidation dans cette interview orchestrée, préformatée et qui évite au président toute surprise ou tout vrai risque, à l’inverse d’une conférence de presse classique. Apres tout, des journalistes auraient perdu leur job par le passé pour avoir fauté dans cette dangereuse arène.
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